‹ Lectures choisiesChapitre 93 sur 145 · Cf. Lamartine, le Passé · texte numérisé non relu

Cf. Lamartine, le Passé

Combien de fois près du rivage Où Nisida dort sur les mers, La beauté crédule ou volage Accourut à nos doux concerts !

Comlii«.n de fois la barque erraiit« Berça sur l'onde transparente Deux couples par l'Amour conduits, Tandis qu'une déesse amie Jetait snr la vague endormie Le voile parfumé des miN.

Cf. encore la pièce intitule- /< ' ■

enseigner une fable ingénieuse, en racontant que Parthénope fut bâtie sur le tombeau d'une Sirène? L'éclat velouté de la campagne, la tiède température de l'air, les contours arrondis des montagnes, les molles inflexions des fleuves et des vallées, sont à Naples autant de séductions pour les sens, que tout repose et que rien ne blesse. Le Napolitain demi-nu, content de se sentir vivre sous les influences d'un ciel propice, refuse de travailler aussitôt qu'il a gagné l'obole qui suffit au pain du jour. Il passe la moitié de sa vie immobile aux rayons du soleil, et l'autre à se faire traîner dans un char, en poussant des cris de joie ; la nuit il se jette sur les marches d'un temple, et dort sans souci de l'avenir aux pieds des statues de ses dieux*.

« Pourriez-vous croire, seigneurs, que nous étions assez insensés pour envier le sort de ces hommes, et que cette vie sans prévoyance et sans lendemain nous semblait le comble du bonheur ! C'était souvent l'objet de nos entretiens, lorsque, pour éviter les ardeurs du midi, nous nous retirions dans la partie du palais bâtie sous la mer. Couchés sur des lits d'ivoire, nous entendions murmurer les vagues au-dessus de nos têtes. Si quelque orage nous surprenait au fond de ces retraites, les esclaves allumaient des lampes pleines du nard le plus précieux d'Arabie. Alors entraient de jeunes Napolitaines qui portaient des roses de Pœstum dans des vases de Nola ; tandis que les flots mugissaient au dehors, elles chantaient, en formant devant nous des danses tranquilles qui me rappelaient les mœurs de la Grèce : ainsi se réalisaient pour nous les fictions des poètes ; on eût cru voir les jeux des Néréides dans la grotte de Neptune". »

1. « Tous ceux qui ont vu Naples et qui se sont borrés au golfe de la Sirèue «aluoront iri lu divine pi'irilure. » {Sninto-iteuvc.)

2. II scmlili' qu'Ru'Iorc p;iile de ses plaisirs avec trop de compluisaacc pour en tvoir beaucoup de remords.

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