LE CUIVRE, LE PLOMB
Après le fer, les métaux les plus importants sont le cuivre, le plomb, l'étain, le zinc, l'argent et l'or.
Le cuivre est Je couleur rouge, et se travaille aisément sous le marteau. On en confectionne des chaudrons, des casseroles, des alambics, des tuyaux, des garnitures de meubles, des pièces de monnaie...
Ce rhétal, bien nettoyé, est plus brillant que le fer, et paraît comme de l'or. Joseph l'avait remarqué, et il disait à sa mère : « Maman, pourquoi n’avons-nous que des càsseroles en fer?
Celles en cuivre sont bien plus jolies.
—C'est vrai, lui répondit-elle, mais elles pré. sentent un sérieux danger; car si on ne les néttoie pas très-bien, il s'y forme une espèce de rouille nommée vert-de-gris, qui est un poison. Aussi a-t-on vu souvent des personnes et tnême des familles entières périr pour avoir mangé des aliments qu'on avait laissés séjourner dans des casseroles en cuivre.
« Par le même motif, il faut prendre garde de ne jamais porter à la bouche un objet de ce métal, un sou par exémple. Un enfant avait eu cette imprudence, et avait tenu quelques instants dans la bouche une pièce de cinq centins; il en éprouva peu après d’affreuses coliques, et aurait
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succombé si sa mère ne lui eût vite fait prendre de l’eau tiède et de l'huile pour le faire vomir, puis un blanc d'œuf battu dans de l’eau, pour arrêter les effets du poison.
Le plomb est d’un blanc bleuâtre assez brillant ; mais il se ternit au contact de l'air, devient gris et à la fin noirâtre. C’est un métal très-lourd, mais peu dur, que l’on peut réduire en lames aussi minces que des ivuilles de papier. Il fond plus facilement que le cuivre. On S'en sert pour faire des tuyaux, des gouttières, des balles de fusil, du petit plomb de chasse...
Il n’est point par lui-même un poison, cependant ilaltère certains liquides et les rend très-nuisibles. On a remarqué qu’il en est ainsi du vin, de la bière, du cidre, dès qu’ils ont séjourné quelque temps dans des vases ou des tuyaux de plomb.
Un enfant désirant s’instruire dernandait un jour à son péré comment on pouvait faire le plomb de chasse ?
« C'est, lui répondit-il, bien facile de te l’expliquer.
« Voici denx balles de fusil qui, comme tu sais, sont ‘de plomb. Faïisons-les fondre dans une grande cuiller en fer. Voici en second lieu une passoire qu’il faut aussi un peu chauffer.
« Maintenant, reaplis d’eau froide un baquet que tu placeras en bas, dans la cour, sous la fenêtre. v
Tous ces préparatifs terminés, le père, ouvrant la fenêtre, dit à l'enfant : « Approche et régarde: je verse dans la passoire le plomb fondu, et comme il est liquide, il passe par les trous et forme des gouttelettes ; celles-ci s’'arrondissent en tombant et se durcissent au moment où elles entrent dans l’eau froide. Elles se déposent ainsi au fond du baquet sous forme de petites boules à peu près de même diamètre que les trous de la passoire
L'enfant remercia son père, et, avec sa permis. sion, renouvela lui-même l'expérience, qui l'avait fort intéressé.