‹ Lectures courantes [microforme]Chapitre 86 sur 162 · LE SOLEIL · texte numérisé non relu

LE SOLEIL

Joseph, voyant son père se préparer pour un voyage, le pria de vouloir bien le mener avec lui; le père y consentit, mais en l’avertissant qu'ils parliraient bien avant le jour.

Le lendemain, ils se mirent en marche lors qu'il faisait encore nuit ; les étoiles brillaient au firmament ; tout était dans le repos: seul le chant du coq troubiait le silence de la nature.

Peu à peu le ciel s’éclairait à lorient, et les étoiles paraissaient de moins en moins brillantes: c'était l'aube ou la première lueur du jour.

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La lumière augmentant, le ciel parut successivement rose, rouge, jaune, et enfin couleur de feu: c'était l'aurore. :

Vint ensuite le lever du soleil : un point lumi. neux se moutra d'abord et remplit l’espace ; bientôt l’astre franchit la ligne de l'horizon, et parut aux regards comme un immense globe de feu.

« Papa, s’écria Joseph, quel magnifique spectacle |

Le PÈRE.— Tu as raison, mon enfant, il n’en existe pas de pareil en ce monde. Vois comme, en ce moment, le soleilillumine les sommets des montagnes, fait briller les fleurs et la rosée, chasse la nuit, et ranime toute la nature. Ecoute les petits oiseaux fêter son retour par leurs chants si doux et si variés.

J.—Le voici qui est déjà sensiblement monté.

Mais il m’éblouit: je ne puis plus le regarder.

P.—A mesure qu’il s'élève, il est de plus en plus resplendissant. Quand il est au milieu de sa course, c'est midi, c’est-à-dire le milieu du jour. Puis il va en s’abaissant du côté opposé à celui où nous le voyons, jusqu’au moment de son coucher, où il descend au-dessous de la ligne de l’horizon. Alors c’est le crépuscule, auquel succède la nuit.

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J—Papa, comment ner autour de la terre

P.--Ce n’est là qu'un mouvement apparent.

C'est la terre qui tourne sur elle-même en vingtquatre heures, et présente ainsi successivement toutes les parties de sa surface aux rayons dn soleil, lequel est toujours au mème endroit.

J.—-Cependant, papa, nous ne voyons pas la terre tourner, tandis que nous voyons chaque jour le soleil s'élever, puis s’abaisser, et enfin disparaître.

P.—C'est là uneillusion, tout comme celle que l'on éprouve en voyageant en bateau ou en chemin de fer: il semble que l’on ne remue pas, et que ce sont les arbres, les buissons, les maisons qui courent etse précipitent ; tandis qu’en réalité. c’est le bateau ou le wagon qui seul a le mouvement.

J.—En effet, je l'ai souvent remarqué: on dirait qu’on voit courir les arbres. Mais, papa, comment le soleil, qui est si petit comparé à la terre, peut-il produire tant de chaleur ?

P.—I1 y a là encore une illusion. Le soleil paraît petit parce qu'ikest très-éloigné : en réalité, il est quatorze cent mille fois plus volumineux que la terre.

J.—Oh! jamais je ne l'aurais imaginé.

P.—II en est pourtant ainsi, mon cher enfant.

« Tout dans cet astre estdigne d’admiration, et particulièrement la place qu'il occupe ; car s'il était plus rapproché de nous, il consumerait toui

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sur la terre, qui ne serait que feu et cendre ; et s’il était plus éloigné, il ne la réchaufferait pas assez, en sorte qu'elle serait toujours couverte de neige et de glace, et qu’elle ne produirait rien.

« Quels sujets n’avons-nous donc pas de bénir Dieu, l’auteur de la nature, qui, par son soleil, réchauffe et féconde la terre, et fait croître les plantes et mürir les fruits !

«En contemplant ce bel astre, pensons à la beauté infinie de Celui qui l’a créé, et qui, si nous sommes vertueux, nous admettra à le contempler lui-même tel qu'il est, dans le monde de l'éternité. »

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