RESPECT DU AUX VIEILLARDS
Le dernier âge de la vie est le plus digne de nos respects ; les cheveux blancs commandent la vénération. Aussi n'y a-til aucune personne bien élevée qui ne se fasse un devoir d’honorer ha vieillesse, de l’entourer de soins, de lui rendre une sorte de culte comme à quelque chose de sacré.
Le vieillard se présente à nous avec son expérience et avec ses infirmités ; et par cela seul, il est deux fois respectable. En outre, il nous rappelle nos bons parents arrivés à cet âge ; il nous rappelle Dieu même qui s’est fait désigner sous le nom d’Ancien des jours.
Le respect de la vieillesse a été considéré, pour ainsi dire, chez tous les peuples, comme l’un des premiers devoirs de l'enfance et de la jeunesse.
| Toutefois. sous ce rapport, on se plaît à signaler
les Lacédémoniens, qui, en effet, formaient avec le plus grand soin les enfants à montrer toujours
déférence pour les personnes âgées. Voici à ce sujet un exemple mémorable :
«Un jour que l’on célébrait une fête dans la ville d'Athènes, la foule s'était réunie pour assister à des jeux publics; survint un vieillard qui, cherchant à se placer, s’approcha d’un groupe de jeunes Athéniens ; mais ceux-ci non-seule-
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ment ne voulurent pas se déranger, ils allèrent même jusqu’à se moquer de lui
Le vieillard, profondément peiné, se dirigea vers un certain nombre de jeunes Lacédémoniens qui étaient venus à la fête. Dès que ces derniers le virent s'approcher, ils se levèrent tous ensemble, le saluèrent, lui offrirent la meilleure place, et ne se remirent en la leur que lors. qu'il se fut assis.
Tous les Athéniens qui avaient été à même de remarquer ce respect et cette déférence y applaudirent vivement, ce qui inspira cette réflexion à un Lacédémonien : « Le peuple d’Athè. nes connaît et approuve ce qui est honnête, mais hélas ! il n’a pas le courage de le pratiquer.»