Que peut-on justement dire du roi et de son connétable
Dix-septième Leçon.
Copernic.
Nicolas Copernic naquit à Thorn, en Pologne, le dixneuf février 1473. Son père était un honnête boulanger de la ville, membre du conseil municipal. Son grand père était un bourgeois notable de Cracovie, originaire de Bohême, mais établi à Cracovie depuis l'an 1396. La mère de Copernic était d'une ancienne famille polonaise et sœur de l'évêque de Warmie.
Nicolas Copernic était donc Slave par ses ancêtres et Polonais par sa naissance.
Le jeune Copernic alla d'abord, comme tous les enfants de la ville, à l'école de Saint-Jean ; " mais, dit son biographe polonais, il paraît qu'au lieu de s'amuser le soir avec ses camarades il était déjà singulièrement studieux, et à son retour à la maison travaillait à apprendre les langues latine et grecque."
A l'âge de dix ans, Copernic eut le malheur de perdre son père. Dès lors, son oncle, Luc Wasselrode, évêque de Warmie, prit soin de lui et lui fit compléter ses études. Ces années de jeunesse se passèrent dans l'étude des langues
anciennes et des lettres, selon la coutume. On a conservé de lui une élégante traduction latine des épîtres de Théophylactus. Il se forma un style pur et méthodique, doué parfois d'un grand charme littéraire, quand le sujet se prête à l'éloquence.
A l'âge de dix-huit ans, l'oncle de Copernic l'envoya à l'université de Cracovie pour y étudier la médecine. C'était là d'abord la carrière à laquelle il pensait se destiner. Son temps, principalement consacré aux leçons qui devaient lui donner le doctorat, fut aussi partagé entre l'étude de la philosophie et celle des mathématiques. Bientôt même, par un goût de plus en plus développé, cette dernière étude empiéta sur les deux autres. Cependant il termina ses études médicales et reçut le bonnet de docteur. .
Lorsque Copernic eut achevé ses études, il quitta Cracovie et retourna à Thorn. Il y passa quelque temps auprès de sa mère et de son oncle; puis il partit pour l'Italie. Il avait alors vingt-trois ans.
Il s'arrêta d'abord à Padoue. Là, il suivit des cours de philosophie et de médecine.
A cette époque, il régnait dans tous les esprits d'élite une activité inquiète qui les poussait vers les régions de l'inconnu. Des conceptions grandioses, des aspirations ardentes exaltaient les âmes. L'invention de l'imprimerie, la découverte du Nouveau-Monde et les merveilles qu'on en racontait, la face nouvelle que commençaient à prendre sensiblement les connaissances humaines, tout contribuait à exciter les imaginations et à faire naître ou à développer des talents qui, dans un autre siècle, seraient restés peut-être à jamais engourdis.
Il y avait alors, à Bologne, un professeur qui enseignait l'astronomie avec beaucoup d'éclat. C'était Dominique Maria, de Ferrare. Pendant son séjour à Padoue, Copernic- fit plusieurs fois le voyage de Padoue à Bologne pour le voir
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et l'entendre. Doué d'une rare intelligence et passionné pour la vérité, le jeune Polonais fut facilement admis dans l'intimité de l'astronome italien, charmé d'avoir un tel auditeur.
Apprécié par Dominique Maria à sa juste valeur, Copernic fut jugé digne d'occuper une chaire à l'Université de Rome, et il obtint, en 1499, à l'âge de vingt-sept ans, la place de professeur de mathématiques au milieu de la capitale du monde chrétien.
Doué d'un remarquable talent d'exposition, le jeune professeur attira autour de sa chaire un auditoire nombreux et choisi.
Copernic habita l'Italie pendant sept ans, de l'année 1496 à l'année 1502. C'est là, sous le ciel lumineux du midi, environné des sites luxuriants de Padoue ou des monuments antiques de Rome, que le jeune et studieux mathématicien sentit se développer sa vocation astronomique.
Après son séjour en Italie, Copernic revint dans son pays ; il était âgé de vingt-neuf ans.
Comprenant que le bonheur n'est donné ni par la fortune ni par la célibrité, il n'aspira ni à l'une ni à l'autre : il leur préféra la solitude de l'esprit dans une vie tranquille et laborieuse.
La fortune, il pouvait l'acquérir en s'installant à Cracovie comme docteur en médecine. La célébrité, il pouvait la conquérir immédiatement en devenant professeur d'astronomie à l'Université. Cette chaire était vacante depuis plusieurs années, et il n'avait qu'à continuer sur les bords de la Yistule les cours éloquents qui l'avaient couronné de lauriers sur les bords du Tibre. A toutes ces tentations mondaines il préféra la vie tranquille d'un prêtre. Quelques années après, en 1510, sur la recommandation de son oncle, il fut nommé chanoine à Frauenbourg, autre petite ville polonaise située à 66 kilomètres de Kœnigsberg et qui appartient aujourd'hui à la Prusse. Il habitait un logement commode. Son mobilier
était modeste, en rapport avec les travaux de celui qui se dévoue entièrement à l'étude. Il avait un laboratoire dans lequel il préparait les médicaments pour les malades pauvres.
Les lunettes et les télescopes n'étaient pas inventés et c'est par la théorie plutôt que par l'observation qu'il arriva à déterminer le système de l'univers. Il fut l'objet des railleries des ignorants et des jaloux, mais lorsqu'une nuit limpide et constellée s'offrait à ses regards, il oubliait vite, dans la contemplation des cieux les petitesses de la Terre, et devant Dieu seul dont il étudiait l'œuvre il sentait se fixer en son âme la théorie simple et grandiose qui devait immortaliser son nom à travers les siècles.
Il hésita longtemps avant de publier le résultat de ses observations, mais, poussé par ses amis, il se décida à donner son œuvre au monde alors qu'il était presque septuagénaire. Ce fut en effet en 1541 que, sous le titre de : " De Revolutionibus orbium cœlestium," il dédia au pape Paul III sa nouvelle théorie de l'univers.
Il eut le bonheur de mourir (1543) avant que ses idées eussent été condamnées par l'autorité ecclésiastique.