Quand eut lieu l'insurrection de la Commune à Paris
45. Qu'était la ville de Casamicciola après le tremblement de terre ?
Vingt-cinquième Leçon. 119
Vingt-cinquième Leçon.
Trois Reines Illustres.
Blanche de Castille.
Blanche de Castille était fille d'Alphonse IX, roi de Castille et d'Eléonore, fille de Henri Ier roi d'Angleterre. Ses biographes ne sont pas d'accord sur la date de sa naissance ; les uns pensent qu'elle est née en 1188 tandis que d'autres ont adopté 1184. En 1200 elle épousa Louis le fils aîné de Philippe-Auguste. Le 14 juillet de l'année 1223 ce dernier mourut à Mantes et son fils fut couronné sous le nom de Louis VIII. Ce prince était débile de corps autant que d'esprit, et le surnom de Lion qui lui a été donné semble un contre-sens ; peut-être est-il une ironie. Il ne régna que trois ans et à sa mort, les rênes de l'Etat tombèrent aux mains d'un enfant. Derrière cet enfant, il y avait Blanche de Castille qui, au nom de cet enfant, allait briser la féodalité et réduire à néant l'opposition des nobles contre son gouvernement.
La tutelle du jeune Louis IX, de par les lois féodales, appartenait à son oncle Philippe, mais Blanche, après la mort de Louis VIII, se fit proclamer régente. Son premier acte de souveraineté fut pour consolider son pouvoir. Au nom de son fils Louis IX, elle disposa des palais royaux et des châteaux forts pour ceux des nobles qui lui avaient été fidèles. Puis elle nomma Montmorency et le sire de Nesles, gentilhommes de Picardie, gouverneurs de son fils. Quoique peu lettrée, elle sentait tout le prix de l'instruction, et elle entoura le jeune roi de pédagogues, auxquels elle avait donné le droit, dit Joinville, d'administrer la férule à leur royal élève. On s'occupa ensuite du sacre du jeune roi, qui eut lieu à Reims le 12 novembre 1226. Cette cérémonie montra bien que Blanche
n'avait pas l'appui de tous les seigneurs ; la plupart s'abstinrent d'y paraître, même de s'y faire représenter et bientôt une ligue se forma contre la régente; mais cette dernière «soit par les armes, soit par des faveurs, eut l'adresse de détacher successivement de la ligue tous les seigneurs.
L'habileté et la fermeté de la reine-mère avaient ramené la paix. Tous les grands étaient soumis, tous les mécontents se taisaient. "Heureux, a-t-on dit, le peuple qui n'a point d'histoire." Après la trêve qui mit fin à l'insurrection des nobles et jusqu'à la majorité de Louis IX, la France ne semble plus avoir d'histoire. Quand le roi atteignit sa majorité, sa mère lui transmit intact l'héritage que lui avait légué son père Louis VIII, et qu'avait amassé Philippe- Auguste. Blanche de Castille avait, de bonne heure, élevé ses enfants à lui obéir ; Louis IX ne pensait que par elle et ce n'est que sous l'influence des sentiments religieux qu'il en arrivait quelquefois à lui résister. Nous sommes au 12 juin 1248. Saint Louis, malgré les prières de sa mère et les larmes de sa femme Marguerite, et obéissant au vœu qu'il avait fait lors d'une violente maladie, quatre années auparavant, s'en va à Saint- Denis prendre le bourdon et la bougette, insignes du pèlerin ; puis, suivi de ses deux frères Robert et Charles, il se dirige vers Aiguemortes, où il s'embarque pour la Terre Sainte. Alors commence cette expédition funeste à tous égards pour la France, et à laquelle Blanche, politique habile autant que mère aimant ses enfants avec passion, s'était si grandement opposée ; mais la guerre entreprise, elle la soutint de tous ses efforts et de tout son courage. Une fois déjà, elle avait envoyé à Louis IX son frère et de l'argent, l'argent avait été dépensé, Alphonse de Poitiers était mort ; c'était en 1249. En 1250, elle envoie de nouveaux secours au roi de France. "Il y avait, disent les chroniqueurs, de l'argent autant que onze charrettes attelées de plusieurs chevaux en pouvaient porter."
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Une défaite, plus encore la prise du roi et de ses deux frère s, les comtes de Poitou et d'Anjou, exigent de nouveaux secours, et Blanche fait effort encore, ruine la France, mais tout en lui conservant l'apparence de la paix qu'elle lui avait donnée, et envoie en Egypte les sommes demandées pour la rançon du monarque et de ses frères. En 1251, enfin, saint Louis demande encore des hommes et de l'argent. Blanche n'en avait plus ; les finances étaient épuisées. Alors, elle fait inviter, puis sommer tous les seigneurs du royaume d'avoir à faire le voyage de Terre sainte, et à aller se ranger sous la bannière de leur seigneur et maître.
Saint Louis n'avait point douté de l'habileté politique et de la fermeté de sa mère, lorsqu'en partant il lui avait donné le poids d'un royaume à supporter, et dans les ordres il appelait la régente " sa dame et mère chérie, Blanche, illustre reine des Français."
Une anecdote, qui raconte un fait arrivé en l'année 1252, va nous montrer encore la reine-mère hautaine Espagnole, souveraine jalouse de ses droits, digne de porter le sceptre. Le Chapitre de Paris retenait en ses prisons du cloître Notre- Dame, et pour quelque redevance impayée, des paysans de Châteney. Ils étaient là, nombreux, si nombreux, si serrés les uns contre les autres, que l'air manquait et que, la mauvaise nourriture aidant, chaque jour il en mourait quelquesuns. La régente fut informée de ces actes arbitraires, criminels, et fit faire des remontrances à qui de droit, mais il lui fut répondu que la reine n'avait rien à voir dans la juridiction de l'Eglise. A cette réponse, le sang de la fière Castillane rougit son front, que sillonnaient les rides, mais qui portait la couronne de France. Elle se leva de son fauteuil, et, ayant commandé aux seigneurs qui étaient présents de la suivre, elle se dirigea vers Notre-Dame ; arrivée devant la prison elle en frappa la porte d'un bâton, puis ordonna à ceux qui l'accompagnaient de l'enfoncer.
Cette femme énergique et d'un caractère si hautain mais si noble en même temps mourut le 17 décembre 1253.
Questions.