‹ Lectures d'histoire ancienneChapitre 14 sur 70 · JEUX OLYMPIQUES. 7S · texte numérisé non relu

JEUX OLYMPIQUES. 7S

athlète, ayant eu les dents brisées par un coup terrible, prit le parti de les avaler, et que son rival, voyant son attaque sans effet, se crut perdu sans ressource, et se déclara vaincu.

Cet espoir fait qu'un athlète cache ses douleurs sous un air menaçant et une contenance flère ; qu'il risque souvent de périr, qu'il périt en eff(3t quelquefois, malgré Tat- •tention du vainqueur et la sévérité des lois qui défendent à ce dernier de tuer son adversaire, sous peine d'être privé de la couronne. La plupart, en échappant à ce danger , restent estropiés toute leur vie, ou conservent des cicatrices qui les défigurent. De là vient peut-être que <;et exercice est le moins estimé de tous , et qu'il est presque entièrement abandonné aux gens du peuple.

Au reste, ces hommes durs et féroces supportent plus facilement les coups et les blessures que la chaleur qui les accable ; car ces combats se donnent dans le canton de la Grèce , dans la saison de l'année , dans l'heure du jour où. les feux du soleil sont si ardents, que les spectateurs ont de la peine à les soutenir.

Ce fut dans le moment qu'ils semblaient redoubler de ■violence que se donna le combat du pancrace , exercice -composé de la lutte et du pugilat ; à cette différence près, •que les athlètes, ne devant pas se saisir au corps , n'ont point les mains armées de gantelets, et portent des coups moins dangereux. L'action fut bientôt terminée : il était venu la veille un Sicyonien, nommé Sostrate, célèbre par une quantité de couronnes qu'il avait recueillies, et parles qualités qui les lui avaient procurées. La plupart de ses rivaux furent écartés par sa présence ; les autres, par ses premiers essais ; car, dans ces préliminaires où les athlètes préludent en se prenant par les mains , il serrait et tordait avec tant de violence les doigts de ses adversaires, •qu'il décidait sur-le-champ la victoire en sa faveur.

Les athlètes dont j'ai fait mention ne s'étaient exercés que dans ce genre; ceux dont je vais parler s'exercent dans toutes les espèces de combats. En effet, le pentathle comprend non seulement la course à pied, la lutte, le pugilat et le pancrace, mais encore le saut, le jet du disque et celui du javelot.

Dans ce dernier exercice , il suffit de lancer le javelot , et de frapper au but proposé. Les disques ou palets sont des masses de métal ou de pierre^ de forme lenticulaire,

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c'ost-à-dirc rondes , et plus épaisses dans le milieu que vers les bords , très lourdes , d'une surface très polie , et par là même très difficiles à saisir. On en conserve trois à Olympie, qu'on présente à chaque renouvellement des jeux, et dont l'un est percé d'un trou pour y passer une courroie. L'athlète, placé sur une petite élévation pratiquée dans le stade, tient le palet avec sa main, ou par le moyen d'une courroie, l'agite circulairement, et le lance de toutes ses forces : le palet vole dans les airs, tombe, et roule dans la lice. On marque l'endroit où il s'arrête ; et c'est à le dépasser que tendent les efforts successifs des autres athlètes.

Il faut obtenir le môme avantage dans le saut, exercice dont tous les mouvements s'exécutent au son de la flûte. Les athlètes tiennent dans leurs mains des contrepoids qui, dit-on, leur facilitent les moyens de franchir un plus grand espace. Quelques-uns s'élancent au delà de cinquante pieds.

Les athlètes qui disputent le prix du pentathle, doivent pour l'obtenir, triompher au moins dans les trois premiers combats auxquels ils s'engagent. Quoiqu'ils ne puissent pas se mesurer en particulier avec les athlètes de chaque profession, ils sont néanmoins très estimés , parce qu'en s'appliquant à donner au corps la force, la souplesse et la légèreté dont il est susceptible, ils remplissent tous les objets qu'on s'est proposé dans l'institution des jeux et de la gymnastique.

Le dernier jour des fêtes fut destiné à couronner les vainqueurs. Cette cérémonie glorieuse pour eux se fit dans le bois sacré, et fut précédée par des sacrifices pompeux. Quand ils furent achevés, les vainqueurs, à la suite des présidents des jeux, se rendirent au théâtre, parés de riches habits, et tenant une palme à la main. Ils marchaient dans l'ivresse de la joie, au son des flûtes, entourés d'un peuple immense dont les applaudissements faisaient retentir les airs. On voyait ensuite paraître d'autres athlètes montés sur des chevaux et sur des chars. Leurs coursiers superbes se montraient avec toute la fierté de la victoire ; ils étaient ornés de fleurs, et semblaient participer au triomphe.

Parvenus au théâtre, les présidents des jeux firent commencer l'hymne composé autrefois par le poète Ar-

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