av. J.-C. GUERRE d'ARGOS. — TÉLÉSILLA
Comme cela lui causait de l'admiration, le forgeron, qui s'en aperçut, interrompit son travail et lui dit : « Lacédé- » monien, vous auriez été bien plus étonné si vous aviez » vu la même merveille que moi, vous pour qui le travail » d'une forge est un sujet de surprise! Creusant un puits » dans cette cour, je trouvai un cercueil de sept coudées » de long. Comme je ne pouvais me persuader qu'il eût » jamais existé des hommes plus grands que ceux d'au- » iourd'hui, je l'ouvris. Le corps que j'y trouvai égalait » la longueur du cercueil. Je l'ai mesuré, puis recouvert » de terre. » Lichas, faisant réflexion sur ce récit du forgeron, qui lui racontait ce qu'il avait vu, se douta que ce devait être le corps d'Oreste , indiqué par l'oracle. Ses conjectures lui montrèrent dans les deux soufiQ.ets les deux vents ; dans le marteau et l'enclume , le type et l'antitype; et le fer battu sur l'enclume, le mal ajouté sur le mal, parce que le fer n'avait été découvert, suivant lui, que pour le malheur des hommes.
L'esprit occupé de ces conjectures, Lichas revient à Sparte, et raconte son aventure à ses compatriotes. On lui intente une accusation simulée ; il est banni. Lichas retourne à Tégée , conte sa disgrâce au forgeron, et fait ses efforts pour l'engager à lui louer sa cour. Le forgeron refuse d'abord ; mais s'étant ensuite laissé persuader , Lichas s'y loge , ouvre le tombeau et en tire les ossements d'Oreste, qu'il porte à Sparte. Les Lacédémoniens acquii-ent depuis ce temps une grande supériorité dans les combats, toutes les fois qu'ils s'essayèrent contre les Tégéates. D'ailleurs la plus grande partie du Péloponèse leur était déjà soumise.
Hérodote (1). ~ Histoire, 1. 1 (Clio), s. 66-68. Trad. de Larcher. Guerre d'Argos. — Télésilla.
Les Argiens avaient été malheureux au delà de toute expression dans leur guerre contre les Lacédémoniens commandés par Cléomènes, fils d'Anaxandrides : les uns, en effet , avaient péri dans le combat , et ceux qui s'étaient réfugiés dans le bois d'Argos y avaient aussi perdu la vie : car on avait massacré ceux qui étaient sortis les premiers par capitulation ; et les autres s'étant aperçu
(1) Pour Hérodote, voir les Lectures historiquu, 1 1, Orient.
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qu*on les trompait , ne voulurent plus sortir et furent' tous brûlés avec la foret. Argos se trouvant ainsi sans défenseurs, Gléomènes y conduisit les Laccdcmoniens ; mais Télésilla ayant rassemblé les esclaves et tous ceux que leur jeunesse ou leur âge avancé rendaient incapables de porter les armes, les fît monter sur les murs. Ayant ensuite ramassé tout ce qui restait d'armes dans les maisons, et celles que renfermaient les temples, elle les fit prendre aux femmes qui étaient dans la force de l'âge, et rangea celles-ci en bataille à l'endroit par où elle savait que les ennemis devaient arriver. Les Lacédémoniens" s'étant présentés , elles ne s'effrayèrent pas de leur cri de guerre, et soutinrent le choc avec la plus grande valeur. Alors les Lacédémoniens, considérant qu'une victoire remportée sur les femmes serait peu honorable pour eux, et qu'une défaite les couvrirait de honte, prirent le parti de se retirer. Ce combat avait été prédit par un oracle qu'Hérodote rapporte, soit que le sens lui en fût connu, soit qu'il l'ait ignoré. « Lorsque les femmes vic- » torieuses auront repoussé les hommes, et auront rcm- » pli Argos de leur gloire, alors beaucoup d'Argiennes, » de douleur , se déchireront les Joues. » Voilà ce que dit l'oracle, relativement à cet exploit des femmes.
Pacsajkias. — Corinihiê, cîu S». Tni. d« CU^er.