‹ Lectures d'histoire ancienneChapitre 26 sur 70 · av. J.-C. solon et pisistrate · texte numérisé non relu

av. J.-C. solon et pisistrate

En Egypte, il fréquenta ces prêtres qui croient avoir entre leurs mains les annales du monde ; et comme un jour il étalait à leurs yeux les anciennes traditions de la Grèce : « Solon ! Solon ! dit gravement un de ces prêtres, » vous autres Grecs, vous êtes bien jeunes : le temps n'a » pas encore blanchi vos connaissances. » En Crète, il eut l'honneur d'instruire dans l'art de régner le souverain d'un petit canton, et de donner son nom à une ville dont il procura le bonheur.

A son retour, il trouva les Athéniens près de retomber dans l'anarchie. Les trois partis qui depuis si longtemps déchiraient la république, semblaient n'avoir suspendu leur haine pendant sa législation que pour l'exhaler avec plus de force pendant son absence ; ils ne se réunissaient que dans un point : c'était à désirer un changement dans la constitution, sans autre motif qu'une inquiétude secrète, sans autre objet que des espérances incertaines.

Solon, accueilli avec les honneurs les plus distingués, voulut profiter de ces dispositions favorables pour calmer des dissensions trop souveut renaissantes : il se crut d'abord puissamment secondé par Pisistrate, qui se trouvait à la tête de la faction du peuple, et qui, jaloux en apparence de maintenir l'égalité parmi les citoyens, s'élevait hautement contre les innovations capables de la détruire ; mais il ne tarda pas à s'apercevoir que ce profond politique cachait sous une feinte modération une ambition démesurée.

Jamais homme ne réunit plus de qualités pour captiver les esprits. Une naissance illustre, des richesses considérables, une valeur brillante et souvent éprouvée, une figure imposante, une éloquence persuasive, à laquelle le son de sa voix prêtait de nouveaux charmes ; un esprit enrichi des agréments que la nature donne, et des connaissances que procure l'étude : jamais homme d'ailleurs ne fut plus maître de ses passions, et ne sut mieux faire valoir les vertus qu'il possédait en effet, et celles dont il n'avait que les apparences. Ses succès ont prouvé que , dans les projets d'une exécution lente, rien ne donne plus de supériorité que la douceur et la flexibilité du caractère.

a Crésus ne devint roi qu'en 560 ; à cette date , Solon était à Athènes où il m<m.ni\ Tannée suivante. »

IM LECTURES d'histoire ANCIENNE. — GRÈCE.

Avec de si grands avantages, Pisistrate, accessible aux moindres citoyens, leur prodiguait les consolations et les secours qui tarissent la source des maux, ou qui en corrigent l'amertume. Solon, attentif à ses démarches, pénétra ses intentions ; mais tandis qu'il s'occupait du soin d'en prévenir les suites, Pisistrate parut dans la place publique, couvert de blessures qu'il s'était adroitement ménagées, implorant la protection de ce peuple qu'il avait si souvent protégé lui-même. On convoque l'assemblée : il accuse le sénat et les chefs des autres factions d'avoir attenté à ses jours ; et montrant ses plaies encore sanglantes : a Voilà, s'écrie-t-il, le prix de mon amour pour la démocratie, et du zèle avec lequel j'ai défendu vos droits. »

A ces mots, des cris menaçants éclatent de toutes parts : les principaux citoyens, étonnés, gardent le silence ou prennent la fuite. Selon , indigné de leur lâcheté et de raveuglement du peuple, tâche vainement de ranimer le courage des uns, de dissiper l'illusion des autres : sa voix que les années ont affaiblie, est facilement étouffée par les clameurs qu'excitent la pitié, la fureur et la crainte. L'assemblée se termine par accorder à Pisistrate un corps redoutable de satellites chargés d'accompagner ses pas et de veiller à sa conservation. Dès ce moment tous ses projets furent remplis : il employa bientôt ses forces à s'emparer de la citadelle ; et, après avoir désarmé la multitude, il se revêtit de l'autorité suprême.

Solon ne survécut pas longtemps à l'asservissement de sa patrie. 11 s'était opposé, autant qu'il l'avait pu, aux nouvelles entreprises de Pisistrate. On l'avait vu, les armes à la main, se rendre à la place publique, et chercher à soulever le peuple; mais son exemple et ses discours ne faisaient plus aucune impression : ses amis, seuls, effrayés de son courage, lui représentaient que le tyran avait résolu sa perte : « Et après tout , ajoutaient-ils, qui peut vous inspirer une telle fermeté? — Ma vieillesse, » répondit-il.

Pisistrate était bien éloigné de souiller son triomphe par un semblable forfait. Pénétré de la plus haute considération pour Solon, il sentait que le suffrage de ce législateur pouvait seul justifier, en quelque manière, sa puissance : il le prévint par des marques distinguées de déférence et de respect ; il lui demanda des conseils ; et Solon, cédant à la séduction en croyant céder à la né-

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cessité, ne tarda pas à lui en donner : il se flattait sans doute d'engager Pisistrate à maintenir les lois, et à donner moins d'atteinte à la constitution établie.

Trente-trois années s'écoulèrent depuis la révolution jusqu'à la mort de Pisistrate ; mais il ne fut à la tête des affaires que pendant dix-sept ans. Accablé par le crédit de ses adversaires, deux fois obligé de quitter l'Attique, deux fois il reprit son autorité ; et il eut la consolation, avant que de mourir, de l'affermir dans sa famille.

Tant qu'il fut à la tête de l'administration, ses jours consacrés à l'utilité publique, furent marqués ou par de nouveaux bienfaits, ou par de nouvelles vertus.

Ses lois, en bannissant l'oisiveté, encouragèrent l'agriculture et l'industrie : il distribua dans la campagne cette foule de citoyens obscurs que la chaleur des factions avait fixés dans la capitale ; il ranima la valeur des troupes, en assignant aux soldats invalides une subsistance assurée pour le reste de leurs jours. Aux champs, dans la place publique, dans ses jardins ouverts à tout le monde, il paraissait comme un père au milieu de ses enfants, toujours prêt à écouter les plaintes des malheureux, faisant des remises aux uns, des avances aux autres, des offres à tous.

En même temps, dans la vue de concilier son goût pour la magnificence avec la nécessité d'occuper un peuple indocile et désœuvré , il embellissait la ville par des temples, des gymnases, des fontaines, et comme il ne craignait pas les progrès des lumières, il publiait une nouvelle édition des ouvrages d'Homère, et formait pour Fusage des Athéniens une bibliothèque composée des meilleurs livres que l'on connaissait alors.

Barthélémy. — Voyage d'Anacharsis, introd., 2« part., sect. 3.

Hipparque et Eippias , fils et successeurs de Pisistrate , régnèrent d'abord avec la même sai^esse : faveurs accordées aux poètes Anacréon et Simonide; nouvelle édition des œuvres d'Homère, etc. Une offense faite par Hipparque a la sœur d'un citoyen d'Athènes , Harmodius , lié de la plus vive amitié avec Aristogiton, devint la cause de leur chute. — Voici les détails :

Hipparque et Eippias. — Harmodius et Aristogiton*

Harmodius avait une jeune sœur : invitée à venir porter une corbeille dans une fête , elle se présenta , et fut honteusement chassée : on soutint qu'on ne l'avait pas

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mandée et que d'ailleurs elle n'était pas d'une naissance à remplir cette fonction. Cette insulte irrita vivement Harmodius ; Aristogiton la ressentit plus vivement encore. Ils firent toutes les dispositions de concert avec ceux qui devaient les seconder ; ils attendirent , pour l'exécution, la fête des grandes Panathénées, le seul jour où l'on voyait sans défiance quantité de citoyens en armes pour former le cortège de la cérémonie. Ils devaient eux-mêmes porter les premiers coups, et le reste des conjurés les aiderait aussitôt à se défendre contre les gardes. Pour plus de sûreté, ils firent entrer peu de monde dans la conjuration. Ils comptaient bien qu'au premier signal donné, ceux mêmes qu'ils n'auraient pa^ prévenus saisiraient l'occasion de recouvrer leur liberté, surtout se trouvant les armes à la main.

Le jour de la fête étant arrivé, Hippias, avec ses gardes, rangeait le cortège dans le Céramique, hors de la ville. Déjà s'avançaient, pour le frapper, Harmodius et Aristogiton, armés de poignards, quand ils virent l'un dçs Conjurés s'entretenir avec lui : car il se laissait aborder. Effrayés, se croyant dénoncés et au moment d'être arrêtés, ils voulurent se venger d'abord, s'il étairÇossi- •ble, de celui qui les avait insultés et réduits à cette extrémité. Soudain ils courent aux portes, s'élancent dans la ville, et, trouvant Hipparque dans l'endroit nommé Léocorium, ils sojettentsur lui àl'improviste, le frappent et le tuent. Aristogiton parvient d'abord à se soustraire aux gardes ; mais la foule accourt, il est pris et maltraité. Harmodius fut tué sur-le-champ.

Hippias reçoit la nouvelle dans le Céramique. Aussitôt il se transporte, non sur le lieu de la scène, mais vers les citoyens armés qui accompagnaient la pompe, et qui étaient à quelque distance ; il les joint avant qu'ils aient rien appris, se compose un visage qui ne témoigne rien de relatif à l'événement, et leur ordonne de gagner, sans armes, un endroit qu'il leur montre. Ils s'y rendent, dans l'idée qu'il a quelque chose à leur communiquer. Alors, donnant ordre à ses gardes de les désarmer, il clioisit et fait arrêter ceux qu'il soupçonne et tous ceux sur qui sont trouves des poignards ; car on n'avait coutume d'apporter à cette cérémonie que la pique et le bouclier.

Un chagrin avait fait concevoir le projet : troublés par uue alarme subite, Harmodius et Aristogiton l'exécuté-

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rent avec précipitation et en désespérés. La tyrannie en devint plus pesante. Hippias, dès lors plus craintif, donna la mort à quantité de citoyens, et en même temps porta ses regards au dehors, cherchant s'il ne pourrait pas, de quelque endroit que ce fût, se mettre en sûreté en cas de révolution. Il maria, lui Athénien, sa fille Archédice à un habitant de Lampsaque, Aïantide, fils d'Hippoclès, tyran de Lampsaque, parce qu'il savait cette famille en grand crédit auprès du roi Darius. On voit à Lampsaque le monument d'Archédice, avec cette inscription : « Ici est déposée la cendre d'Archédice, fille d'Hippias, le plus vaillant des Hellènes de son temps : fille, épouse, sœur et mère de tyrans, elle n'en avait pas plus d'orgueil . »

Thucydide. — Guerre du PéZoponcse, I, 6, s. 56-59. Trad. Gail.

LITTÉRATURE ET ARTS. — Scolpture : Pompe panathénaïque, au Louvre (sculpture antique, n*» 125), fragment d'une frise dû Parthénon, représentant une partie de la procession des grandes Panathénées, dessin de Phidias, secondé dans l'exécution par quelquesuns de ses meilleurs élèves, Alcamènes et Agoracrite.

I lY. — JBtat <l*A.tliénea à l'époque des guerre* médlques.

Clisthène et Isagoras.

Athènes, déjà très puissante, le devint encore plus lorsqu'elle fut délivrée de ses tyrans. Deux de ses citoyens y jouissaient alors d'un grand crédit : Clisthène, de la race des Alcméonides, qui suborna, à ce qu'on prétend, la Pythie, et Isagoras, fils de Tissandre. Celui-ci était d'une maison illustre : je ne puis rien dire cependant sur son origine ; mais ceux de cette famille, sacrifient à Jupiter Carien. Ces deux rivaux partageaient l'Etat par leurs factions, et se disputaient l'autorité. Clisthène ayant eu du désavantage, tâcha de se rendre le peuple favorable. Lorsqu'il se fut concilié la bienveillance de ses concitoyens, qui avaient perdu auparavant tous les privilèges d'un peuple libre, il changea les noms des tribus ; d'un petit nombre il en fit un plus grand ; au lieu de quatre phylarques il en créa dix, et distril3ua les bourgades dans les dix tribus. S'étant ainsi concilié le peuple, il prit un très grand ascendant sur le parti qui lui était opposé.

IÎ6 LECTURES d'histoire ANCIENNE. — GRÈCE.

Isagoras, ayant à son tour succombé, eut recours à Cléomène, roi de Lacédémone. Ce prince s'était lié avec lui d'une étroite amitié dans le temps qu'on assiégeait les Pisistratides. Il envoya d'abord un héraut à Athènes,, pour en faire chasser Glisthène et beaucoup d'autres Athéniens, sous prétexte qu'ils avaient encouru Tanathème. Il suivait en cela les instructions d'Isagoras ; car les Alcméonides et ceux de leur parti étaient accusés d'un meurtre (1). Quant à Isagoras, il n'avait eu lui-même aucune part à ce meurtre non plus que ses amis.

Cléomène ayant donc envoyé un héraut pour faire chasser Clisthène, ainsi que les personnes dévouées à l'anathème, ce dernier se retira de lui-même. Cléomène n'en vint pas moins, quelque temps après, à Athènes, accompagné de peu de monde. A son arrivée, il chassa sept cents familles athéniennes qu'Isagoras lui désigna. Cela fait, il tenta de casser le sénat, et voulut confier l'autorité à trois cents personnes du parti d'Isagoras. Mais le sénat s'y étant opposé et ayant refusé d'obéir, Cléomène s'empara de la citadelle avec Isagoras et ceux de sa faction. Le reste des Athéniens, qui étaient unis de sentiments avec le sénat, les y tint assiégés pendant deux jours : le troisième, on traita avec les Lacédémoniens renfermés dans la citadelle, et il leur fut permis de sortir de l'Attique à de certaines conditions : ainsi s'accomplit le présage de Cléomène. Car, étant monté à la citadelle, à dessein de s'en emparer, il voulut entrer dans le sanctuaire de la déesse (Minerve) pour la consulter. Mais la prêtresse, s'étant levée de son siège avant qu'il eût passé la porte, lui dit : « Lacédémonien, retourne sur tes pas, » et n'entre point dane ce temple ; il n'est pas permis aux » Doriens d'y mettre le pied. — Je ne suis pas Dorien, » répondit Cléomène, mais Achéen, » et sans s'inquiéter de ce présage, il tenta l'entreprise, et fut alors obligé de se retirer pour la seconde fois avec les Lacédémoniens sans avoir pu réussir. Les autres furent mis aux fers pour être punis de mort. De ce nombre était Tinasithée de Delphes, dont je pourrais rapporter des traits de bravoure et de grandeur d'âme. On les fit mourir dans les prisons.

(1) La mort des complices de Cylon massacrés en sortant du temple de Minerve (voir ci-dessus, page 110).

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Les Athéniens ayant ensuite rappelé Clisthène et les sept cents familles bannies par Cleo mène, envoyèrent à Sardes des ambassadeurs pour faire alliance avec les Perses. Ils étaient, en effet, persuadés qu'ils auraient une guerre à soutenir contre Gléomène et les Lacôdémoniens. Ces ambassadeurs ayant à leur arrivée exposé les ordres dont ils étaient chargés, Artapherne, fils d'Hystaspe, gouverneur de Sardes, leur demanda quelle sorte d'hommes ils étaient et dans quel endroit de la terre ils habitaient, pour prier les Perses de s'allier avec eux. Les envoyés ayant satisfait à ses questions, il leur dit en peu de mots : « Si les Athéniens veulent donner au roi » Darius la terre et l'eau, il fera alliance avec eux ; sinon » qu'ils se retirent. » Gomme les envoyés désiraient fort cette alliance, ils répondirent, après en avoir délibéré entre eux , qu'ils y consentaient ; mais à leur retour à Athènes , on leur intenta à ce sujet une accusation très grave.

Cependant Cléomène, qui n'ignorait pas les actions et les propos insultants des Athéniens , leva des troupes dans tout le Péloponèse, sans parler de leur destination ; il avait dessein de se venger d'eux , et de leur donner pour tyran Isagoras, qui était sorti delà citadelle avec lui. Il entra dans le territoire d'Eleusis avec des forces considérables ; et les Béotiens , de concert avec lui , prirent Œnoé et Hysies, bourgades à l'extrémité de l'Attique. Les Chalcidiens étaient aussi entrés par un autre côté sur les terres de la république , et y faisaient le dégât. Quoique ces diverses attaques causassent de l'embarras aux Athéniens , ils remirent à un autre temps à se venger des Béotiens et des Chalcidiens , pour aller sur-lechamp en ordre de bataille au-devant des Péloponésiens, qui étaient à Eleusis.

Les deux armées étaient prêtes à en venir aux mains, lorsque les Corinthiens, ayant les premiers réfléchi sur l'injustice de leur conduite, changèrent de résolution et se retirèrent. Démarate , fils d'Ariston , qui était aussi roi de Sparte , et qui avait emmené avec Cléomène les troupes de la république , suivit cet exemple , quoique jusqu'à ce moment il n'eût eu aucun différend avec lui. Les deux rois accompagnaient alors l'armée ; mais , depuis l'époque de cette division , il leur fut défendu par une loi d'entrer ensemble tous les deux en campagne,

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et il fut aussi réglé que l'un des deux rois étant séparé de l'autre, on laisserait aussi à Sparte l'un des deux Tyndarides : car auparavant ils allaient tous les deux au secours des rois, et les accompagnaient dans leurs expéditions. Le reste des alliés assemblés à Eleusis , témoins des divisions des rois de Lacédémone et du départ des Corinthiens, se retirèrent aussi chez eux.

Cette armée s'étant honteusement dissipée , les Athé-~ niens cherchèrent alors à se venger. Ils marchèrent d'abord contre les Chalcidiens : mais les Béotiens étant venus à leur secours sur les bords de l'Euripe, les Athéniens ne les eurent pas plus tôt aperçus, qu'ils résolurent de les attaquer les premiers. En conséquence de cette résolution , ils leur livrèrent bataille , leur tuèrent beaucoup de monde , firent sept cents prisonniers , et remportèrent une victoire complète. Ce même jour, ils passèrent dans l'Eubée, en vinrent aux mains avec les Chalcidiens, et , les ayant aussi vaincus, ils laissèrent dans Tîle une colonie de quatre mille hommes , à qui ils distribuèrent au sort les terres des Hippobotes : tel est le nom qu'on donnait aux habitants les plus riches de cette île. Ils mirent aux fers tous les prisonniers qu'ils firent, tant, sur eux que sur les Béotiens, et les gardèrent étroitement ; mais dans la suite ils les relâchèrent , moyennant deux mines par tête , et appendirent aux murs de la citadelle leurs ceps, qu'on voyait encore de mon temps suspendus aux murailles, en partie brûlées par le Mède, et vis-à-vis du temple qui est à l'ouest. Ils consacrèrent aux dieux la dixième partie de l'argent qu'ils retirèrent de la rançon des prisonniers, et Ton en fit un char de bronze à quatre chevaux, qu'on plaça à main gauche tout à l'entrée des propylées de la citadelle, avec cette inscription :

Les Athéniens ont dompté par leurs exploits les Béotiens et les Chalcidiens^ et les ayant chargés de chaînes^ ils ont éteint leur insolence dans l'obscurité d'une prison. De la dîme de leur rançon, ils ont offert à Pallas ces chevaux.

Hérodote. — Histoire, 1. 5 (Terpsichore), s. 62-78^ Ti?dii'«*'n- <i<» Larcher.

500 tv. J.-C.

RÉVOLTE DE l'iONIB.

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