‹ Lectures d'histoire ancienneChapitre 42 sur 70 · av. J.-C. MISSIONS diverses db pélopidas · texte numérisé non relu

av. J.-C. MISSIONS diverses db pélopidas

pour les asservir ; alors , étant encore enfant , il était élevé à Thèbes dans la maison de Pammenès. De là vient qu'on a cru qu'il était devenu l'imitateur d'Epaminondas , et peut-être avait-il pris de lui son activité de guerre et sa promptitude à profiter des occasions , ce qui n'était là qu'une petite partie de la vertu de ce personnage ; mais pour sa tempérance, sa justice, sa magnanimité, sa clémence, qui le rendaient véritablement grand, Philippe ne les reçût point de la nature, et ne les imita point de lui.

L'année suivante , les Thessaliens se plaignant encore d'Alexandre de Phères qui troublait leurs villes, et voulait s'en rendre maître, Pélopidasfut envoyé ambassadeur avec Isménias. Il arriva en Thessalie sans mener des troupes de Thèbes , comme ne s'attendant point à avoir la guerre; c'est pourquoi il fut réduit à la nécessité de se servir des Thessaliens dans les affaires pressantes qui lui survinrent.

Dans ce môme temps-là, les troubles et les factions recommencèrent à travailler la Macédoine. Ptolémée venait de tuer le roi Alexandre son frère , et de s'emparer du royaume. Les amis du mort appelaient Pélopidas, qui, voulant arriver avant que Ptolémée eût le temps de se reconnaître , et n'ayant point d'armée, leva à la hâte des soldats mercenaires , et avec ces troupes, il marcha à Ptolémée.

Quand ils furent en présence , Ptolémée , à force d'argent, corrompit ses soldats mercenaires, et les obligea à passer de son côté ; et en même temps , craignant la réputation et le nom de Pélopidas, il alla au-devant de lui comme au-devant de son supérieur et de son maître, eut recours aux caresses et aux prières, et promit solennellement qu'il garderait ce royaume pour les frères du défunt; qu'il reconnaîtrait pour amis et pour ennemis les amis et les ennemis des Thébains ; et pour sûreté de ses promesses , il donna en otage son fils Philoxène , et cinquante jeunes enfants qui étaient nourris avec lui : Pélopidas les envoya à. Thèbes. Mais ayant sur le cœur la perfidie que ses soldats mercenaires lui avaient faite , et averti qu'ils avaient retiré dans la ville do Pharsale la plus grande partie de leurs biens , leurs enfants et leurs femmes, il pensa que de s'en saisir c'était un beau moyen de se venger de l'affront qu'il avait reçu.

Il assemble donc quelques troupes des Thessaliens,

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et marche à Pharsale. A peine y est-il arrivé que le tyran Alexandre se présente devant lui avec une puissante armée. Pélopidas, croyant qu'il venait pour se justifier, et pour répondre aux plaintes des Thébains , va à lui avec Isménias seul , sans autre précaution : ce n'est pas qu'il ne le connût pour un scélérat et pour un homme accoutumé à verser du sang ; mais il se flattait que le respect qu'il aurait pour Thèbes, et la considération de sa dignité et de sa réputation , l'empêcheraient de rien entreprendre contre lui. Cependant le tyran les voyant seuls et sans armes , les prend prisonniers et se saisit de Pharsale.

Cette action remplit de terreur et de défiance l'esprit de tous ses sujets , qui se doutèrent bien qu'après une injustice si criante , et une si grande audace , le tyran n'épargnerait plus personne, et se comporterait, en toutes rencontres, et contre toutes sortes de gens en homme désespéré , et qui n'avait plus rien à ménager pour sa vie. Ces nouvelles portées à Thèbes, les Thébains, irrités de cet attentat , envoyèrent sur-le-champ une armée en Thessalie ; et comme ils étaient fâchés contre Epaminondas, ils nommèrent d'autres généraux.

Le tyran mène cependant Pélopidas à Phèi'es , et les premiers jours il permet à tout le monde de le voir, s'imaginant que cette aventure aurait humilié sa fierté et abattu son courage ; mais Pélopidas, voyant les habitants de Phères très consternés , ne cessait de les consoler et de les exhorter à avoir bonne espérance, leur promettant que le tyran serait bientôt puni ; et il envoyait lui dire à lui-même : « Qu'il était bien imprudent et bien injuste » de tourmenter et de faire mourir tous les jours tant de » bons citoyens qui ne lui avaient rien fait, et de l'épar- » gner lui, sachant qu'il ne serait pas plus tôt [-^Ai de- » ses mains, qu'il lui ferait porter la peine due à ses cri- » mes. y> Le tyran, étonné de cette grandeur d'âme et de cette assurance, dit : « Pourquoi Pélopidas a-t-il tant de » hâte de mourir? » Ce qui étant rapporté à Pélopidas, » il lui envoya cette réponse : « C'est. afin que tu périsses » d'autant plus tôt , devenu encore plus l'ennemi des » dieux et des hommes. »

Depuis ce jour-là, le tyran défendit que personne ne le vît et ne lui parlât. Mais Thébé , sa femme et fille de Jason, qui avait été aussi tyran de Phères, ayant appris la constance et le courage de Pélopidas , sur le rapport

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