‹ Lectures d'histoire ancienneChapitre 50 sur 70 · GUERRES DES SUCCESSEURS D ALEXANDRE · texte numérisé non relu

GUERRES DES SUCCESSEURS D ALEXANDRE

Famille d'Alexandre: Alexandre Aigus, Roxane, Statira, Olympias, Philippe Arrhidée, Cléopàtre, Thessalonice , Eurydice.

(Division de l'empre entre les principaux officiers : Ptolémée (Egypte), Antigone (Plirygie), Eumène (Cappadoce), Lysimaqne (Thrace), Antipater (Macédoine), Séleucus (Haute- Asie) , etc. ; anneau à Perdiccas. — Soulèvements divers, Guerre lamiaque.

Démembrement

de

l'empire

d'Alexandre

^Les 4 ligues

iV^ Ligue contre Perdiccas à qui Eumène reste seul fidèle ; mort du régent en Egypte. Ligue contre Polysperchon et Eumène ; triomphe et crimes de Cassandre.

et ^° ligues contre Antigone et son fils Déraétrius Poliorcète; résistance de ces derniers jusqu'à leur défaite à Ipsus, en 30l. — Division de l'empire macédonien en quatre royaumes.

Démembrement définitif par la mort de Cassandre, le désastre et la captivité de Démétrius Poliorcète , la défaite et la mort de Lysimaquc à Cyropédion. — Trois royaumes (281).

ractères. Il y a sans doute plus de grandeur apparente dans la rapide esquisse deBossuet, qui ne fait des Romains qu'un épisode de l'histoire du monde,- Rome se montre plus étonnante dans Montesquieu, qui ne voit qu'elle au milieu de l'univers. Les deux écrivains expliquent sa grandeur et sa chute. L'un a saisi quelques traits primitifs avec une force qui lui donne la gloire de l'invention; l'autre, en réunissant tous les détails, a découvert des causes invisibles jusqu'à lui; il a rassemblé, comparé, opposé les faits avec cette sagacité laborieuse moins admirable qu'une première vue de génie, mais qui donne des résultats plus certains et plus justes. L'un et l'autre ont porté la concision aussi loin qu'elle peut aller ; car, dans un espace très court , Bossuet a saisi toute les grandes idées, et Montesquieu n'a oublié ni un fait ni une pensée. Se hâtant de placer et d'enchainer une foule de réflexions et de souvenirs , il n'y a pas un moment pour les alfectalions du bel esprit et du faux goût , et la brièveté le force à la perfection. Bossuet, plus négligé, se contente d'être quelquefois sublime. Montesquieu, qui dans son système donne de l'importance à tous les faits, les exprime tous avec soin, et son style est aussi achevé que naturel et rapide. » Quelle est l'inspiration qui peui ainsi soutenir et régler la force d'un homme de génie? C'est une conviction lentement fortifiée par Tétude, c'est le sentiment de la vérité découverte. Montesquieu a pénétré tout le génie de la république romaine. Quelle connaissance des mœurs et des lois ! les événements se trouvent expliqués par les mœurs, et les grands hommes naissent de la constitution de l'Etat. A l'intérêt d'une grandeur toujours croissante , il substitue ce triste contraste de la tyrannie, recueillant tous les fruits de la gloire. Une nouvelle progression recommence : celle de l'esclavage précipitant un peuple à sa ruine par tous les degrés de la bassesse. On assiste, avec l'historien, à cette longue expiation de la conquête du monde , et les nations vaincues paraissent trop vengées. Si maintenant l'on veut connaître quelle gravité , quelle force de raison Montesquieu avait puisées dans les anciens pour retracer ces grands événe-

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§ I. — Guerre lamlaque ; mort de Démosthâne.

Guerre lamlaque. — La nouvelle de la mort d'Alexandre étant arrivée à Athènes, y avait excité de grandes rumeurs, et causé une joie presque universelle. Le peuple, qui depuis longtemps portait avec peine le joug que fa Macédoiue avait imposé à la Grèce , ne parlait que de liberté, ne respirait que guerre, et se livrait sans mesure aux emportements d'une joie folle et excessive. Phocion, qui était d'un caractère sage et modéré , et qui craignait que la nouvelle ne se trouvât pas véritable , tâchait de calmer les esprits, et d'arrêter ces saillies fougueuses, qui ne laissaient point de lieu* à la réflexion et au conseil. Comme, malgré ses efforts, la plupart des orateurs criaient que la nouvelle était véritable, et qu'Alexandre était certainement mort, Phocion se leva et leur dit : « Mais, s'il » est mort aujourd'hui , il le sera encore demain , et en- » core après-demain , de sorte que nous aurons tout le » temps de délibérer en repos et avec plus de sûreté. »

Léosthène , qui le premier avait répandu cette nouvelle à Athènes , ne cessait de parler devant le peuple avec beaucoup d'arrogance et de vanité. Phocion , las de l'entendre , lui dit : « Jeune homme , vos discours res- » semblent à des cyprès ; ils sont grands et hauts, mais » ne portent point de fruits. » On lui savait mauvais gré de s'opposer si fortement aux volontés du peuple. Hypéride s'étant levé , lui demanda : « Quand sera-ce donc » que vous conseillerez aux Athéniens de faire la guerre?» — « Ce sera , lui répondit Phocion , quand je verrai les » jeunes gens prendre une ferme résolution de garder » une exacte discipline, les riches contribuer selon leur » pouvoir aux frais de la guerre , et les orateurs s'abste- » nir de voler les deniers publics (I). »

ments, on peut comparer son immortel chef-d'œuvre aux réflexions trop vantée»^ qu'un écrivain brillant et ingénieux du siècle de Louis XIV (Saint-Evremond) écrivit sur le même sujet. On sentira davantage à quelle distance Montesquieu a laissé loin de lui tous les efforts du bel esprit dont il avait d'abord dérobé toutes les grâces. Dans la Grandeur et la décadence des Romains, Montesquieu n'a plus l'empreinte de son siècle ; c'est un ouvrage dont la postérité ne pourrait deviner l'époque , et où elle ne verrait que le génie du peintre. »

(1) Voici en quels termes Barthélémy trace le portrait de Phocion : « Ce nom doit à jamais réveiller dans votre esprit l'idée de la probité même. Sa naissance est obscure ; mais son âme est infiniment élevée. Ll fréquenta de bonne

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