‹ Lectures d'histoire ancienneChapitre 55 sur 70 · LES PARTHES · texte numérisé non relu

LES PARTHES

Les Parthes»

Les Parthes étaient originaires de la Scythie, d'où ayant été chassés, ils furent obligés de chercher ailleurs un établissement tranquille. Leur nom même était la preuve de leur origine, et contenait en quelque façon leur histoire, s'il est vrai, comme l'a dit Trogue-Pompée , qu'en langue scythique il signifie bannis ou exilés. Et la conformité des mœurs entre les deux nations achève ie donner à ce sentiment toute la vraisemblance que comportent des faits si anciens et si reculés.

Le pays qu'ils occupèrent est au milieu de l'Hyrcanie, et touche la Médie à l'Occident : pays étroit , et encore plus ingrat, puisqu'il ne consiste presque qu'en montagnes arides et plaines sablonneuses; en sorte que sous ce climat on éprouve les rigueurs contraires des deux saisons, un froid violent dans les montagnes et un chaud excessif dans les plaines. C'est donc une habitation très désagréable, mais très propre à endurcir les tempéraments , et à les rendre capables de supporter toutes les fatigues de la guerre.

Pendant une longue suite de siècles , les Parthes sont demeurés tout à fait obscurs et inconnus. Sous les Assyriens et les Mèdes, sous les Perses, sous les premiers rois macédoniens de Syrie, à peine est-il fait aucune mention de ce peuple. Ce fut l'an 502 de Rome, 250 ans avant Jésus-Christ, pendant qu'Antiochus, surnommé le Dieu, était roi de Syrie, qu'Arsace souleva les Parthes, poussés à bout par les injustices et la tyrannie des gouverneurs macédoniens. Qui était Arsace? C'est sur quoi les auteurs varient. Mais ce qui n'est point douteux, c'est qu'il fut toujours regardé par les Parthes comme le fondateur de leur empire, et que sa mémoire fut tellement en vénération parmi eux , que tous ses successeurs voulurent porter son nom (1).

Arsace ayant une fois mis sa nation en liberté, ne se renferma pas dans les limites de la Parthiène ; il étendit ses conquêtes, qui furent encore poussées plus loin par les princes ses successeurs, presque tous guerriers et avides de gloire : en sorte que par les guerres qu'ils firent

(1) On les désigne par le nom collectif d'Arsacidei.

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avec succès contre les rois de Syrie , dont la puissance alla toujours s'affaiblissant , contre les Scythes, contre les Bactriens, contre l'Arménie, ils donnèrent enfin une telle étendue à leur domination , qu'au temps de Grassus elle embrassait presque tous les pays entre l'Oxus et l'Euphrate. Leurs villes royales étaient Gtésiphon sur >e Tigre, et Ecbatane en Médie. Les rois des Parthes passaient l'hiver dans la première de ces deux villes, et l'été dans l'autre, ou en Hyrcanie.

Les mœurs de cette nation se sentirent d'abord de la férocité de leur origine et de la rudesse du climat qu'ils habitaient. Mais lorsqu'ils eurent fait des conquêtes et soumis des pays délicieux, les richesses et les plaisirs les amollirent.

Pour ce qui est de l'armure et de la façon de combattre, ils les conservèrent telles qu'ils les avaient reçues des Scythes, si ce n'est en ce qui regarde les cavaliers bardés de fer, dont ils avaient, je pense, emprunté l'usage des Perses, leurs voisins, et longtemps leurs maîtres. Leurs autres troupes n'employaient presque pour armes offensives que l'arc et la flèche , et combattaient presque toujours à cheval. Tout le monde sait qu'ils n'étaient pas moins redoutables dans la fuite que lorsqu'ils faisaient face à l'ennemi. Ils avaient l'adresse de tirer parfaitement de l'arc en fuyant; et ceux qui les poursuivaient en étaient blessés d'autant plus sûrement , qu'ils s'en défiaient moins.

Le cheval était pour eux d'un usage universel, non seulement à la guerre, mais en tout temps. S'ils allaient à un repas ou faire une visite, dans les affaires publiques et particulières, à la ville et à la campagne, dans les marchés, dans les entretiens qn'ils avaient ensemble, on les voyait toujours à cheval : en un mot, la différence entre les libres et les esclaves, c'est que les premiers paraissaient partout à cheval , au lieu que les autres marchaient à pied.

Cette différence n'avait lieu néanmoins que dans la paix. Car leurs armées, qui consistaient toutes en cavalerie, n'étaient presque composées que d'esclaves. Ils en avaient un nombre prodigieux, et qui augmentait toujours sans jam.ais diminuer, parce que les maîtres n'avaient point droit d'affranchir leurs serfs. Aussi en prenaient-ils autant de soin que de leurs enfants. Ils leur

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