av. J.-C. l'orient soumis a romb
sissent. En semant la défiance à Rome et la terreur en Grèce, Callicratès recueille le pouvoir : devenu l'homme indispensable, ou qu'on croit tel, il est élu stratège. La faction romaine devenait maîtresse avec lui , quatre années seulement après la mort de Philopœmen.
^ETiT DE JuLLEviLLE (1). — Histoire de la Grèce sous la domination romaine, ch. IV, in-8», Thorin, 1875, couronné par l'Académie française.
§ Y. — Ijes Romains en Grèce.
Dès ce moment, les Romains n'eurent plus en Grèce d'adversaire capable de leur résister. Ils accomplirent donc sans grands efforts )a conquête de ce pays. Nous renvoyons , pour les détails de cette conquête , aux Lectures historiques, t. III , Rome, et spécialement aux fragments intitulés : guerre contre Philippe III, bataille de Cynoscéphales ; Flamininus proclame la liberté de la Grèce; guerre contre Persée , triomphe de Paul-Emile ; ruine de Corinthe. •— Nous nous bornerons à a,)Outer ici un extrait de Montesquieu , dans lequel se trouvent fondus tous ces événements, complétés par un rapide aperçu sur les destinées de la Syrie et de l'Egypte. Ce sera comme l'historique de la fusion de l'empire d'Alexandre dans celui de Rome.
La Macédoine , la Grèce et l'Orient réduits en provinces romaines (146-30).
Les Romains eurent à peine dompté les Carthaginois qu'ils attaquèrent de nouveaux peuples, et parurent dans toute la terre pour tout envahir.
Il n'y avait pour lors dans l'Orient que quatre puissances capables de résister aux Romains : la Grèce, et les royaumes de Macédoine, de Syrie et d'Egypte. Il faut voir quelle était la situation de ces deux premières puissances , lorsque les Romains commencèrent par les" soumettre.
Il y avait dans la Grèce trois peuples considérables : les Etoliens , les Achaïens et les Béotiens : c'étaient des associations de villes libres qui avaient des assemblées générales et des magistrats communs. Les Etoliens étaient belliqueux, hardis, téméraires , avides de gain , toujours libres de leur parole et de leurs serments, enfin faisant la guerre sur la terre comme les pirates la font sur la mer. Les Achaïens étaient sans cesse fatigués par des voisins ou des défenseurs incommodes. Les Béotiens , les plus épais de tous les Grecs, prenaient le moins de part qu'ils
(1) Pour M. Petit de Julleville , v. Lect. ftist., t. III., Rome.
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pouvaient aux affaires générales ; uniquement conduits par le sentiment présont du bien et du mal, ils n'avaient pas assez d'esprit pour qu'il fût facile aux orateurs de les agiter ; et, ce qu'il y a d'extraordinaire , leur république se maintenait dans l'anarchie même (I).
Lacédémone avaii, conservé sa puissance , c'est-à-dire cet esprit belliqueux que lui donnaient les institutions de Lycurgue. Les Thessaliens étaient en quelque façon asservis par les Macédoniens. Les rois d'illyrie avaient déjà été extrêmement abattus par les Romains. Les Acarnaniens et les Athamanes étaient ravagés tour à tour par les forces de la Macédoine et de l'Etolie. Les Athéniens, sans forces par eux-mêmes et sans alliés , n'étonnaient plus le monde que par leurs flatteries envers les rois ; et l'on ne montait plus sar la tribune où avait parlé Dômosthène que pour proposer les décrets les plus lâches et les plus scandaleux.
D'ailleurs la Grèce était redoutable par sa situation, la force , la multitude de ses villes , le nombre de ses soldats, sa police, ses mœurs, ses lois : elle aimait la guerre, elle en connaissait l'art, et elle aurait été invincible si elle avait été unie.
Elle avait été bien étonnée par le premier Philippe , Alexandre et Antlpater, mais non pas subjagiiée ; et les rois de Macédoine, qui ne pouvaient se résoudre à abandonner leurs prétentions et leurs espérances, s'obstinaient à travailler à l'asservir.
La Macédoine était presque entourée de montagnes inaccessibles ; les peuples en étaient très propres à la guerre, courageux, obéissants, industrieux, infatigables; et il fallait bien qu'ils tinssent ces qualités-là du climat , puisque encore aujourd'hui les hommes de ces contrées sont les meilleurs soldats de l'empire des Turcs.
La Grèce se maintenait par une espèce de balance : les Lacédémoniens étaient pour l'ordinaire alliés des Etoliens ; et les Macédoniens l'étaient des Achaïens. Mais , par l'arrivée des Romains , tout équilibre fut rompu.
Gomme les rois de Macédoine ne pouvaient pas entre-
(1) « Les magistrats, pour plaire à la multitude, n'ouvraient plus les tribunaux : les mourants léguaient a leurs amis leur bien pour être employé en festins » (Montesquieu),