‹ Lectures d'histoire ancienneChapitre 61 sur 70 · av. J.-C. l'orient soumis a rome, 47î · texte numérisé non relu

av. J.-C. l'orient soumis a rome, 47î

tenir un grand nombre de troupes, le moindre échec était de conséquence ; d'ailleurs ils pouv^aient difficilement s'agrandir, parce que leurs desseins n'étant pas inconnus, on avait toujours les yeux ouverts sur leurs démarches ; et les succès qu'ils avaient dans les guerres entreprises' pour leurs alliés étaient un mal que ces mêmes alliés cherchaient d'abord à réparer.

Mais les rois de Macédoine étaient ordinairement des princes habiles. Leur monarchie n'était pas du nombre de celles qui vont par une espèce d'allure donnée dans le commencement. Continuellement instruits par les périls et par les affaires, embarrassés dans tous les démêlés des Grecs, il leur fallait gagner les principaux des villes, éblouir les peuples , et diviser ou réunir les intérêts ; enfin ils étaient obligés de payer de leur personne à chaque instant.

Philippe , qui dans le commencement de son règne s'était attiré l'amour et la confiance des Grecs par sa modération , changea tout à coup ; il devint un cruel tyran dans un temps où il aurait dû être juste par politique et par ambition. Il voyait, quoique de loin, les Carthaginois et les Romains, dont les forces étaient immenses; il avait fini la guerre à l'avantage de ses alliés , et s'était réconcilié avec les Etoliens. Il était naturel qu'il pensât à unir tonte la Grèce avec lui pour empêcher les étrangers de s'y établir : mais il l'irrita au contraire par de petites usurpations; et, s'amusant à discuter de vains intérêts quand il s'agissait de son existence, par trois ou quatre mauvaises actions il se rendit odieux et détestable à tous les Grecs.

Les Etoliens furent les plus irrités ; et les Romains , saisissant l'occasion de leur ressentiment , ou plutôt de leur folie , firent alliance avec eux , entrèrent dans la . Grèce, et l'armèrent contre Philippe.

Ce prince fut vaincu à la journée de Cynoscéphales , et cette victoire fut due en partie à la valeur des Etoliens. Il fut si fort consterné, qu'il se réduisit à un traité qui était moins une paix qu'un abandon de ses propres forces ; il fit sortir ses garnisons de toute la Grèce , livra ses vaisseaux , et s'obligea de payer mille talents en dix années.

Polybe, avec son bon sens ordinaire, compare l'ordonnance des Romains avec celle des Macédoniens , qui fut

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prise par tous les rois successeurs d'Alexandre. H fait voir les avantages et les inconvénients de la phalange et de la légion ; il donne la préférence à l'ordonnance romaine ; et il y a apparence qu'il a raison, si l'on en juge par tous les événements de ce temps-là.

Ce qui avait beaucoup contribué à mettre les Romains en péril dans la seconde guerre punique , c'est qu'Annibal arma d'abord ses soldats à la romaine ; mais les Grecs ne changèrent ni leurs armes ni leur manière de combattre ; il ne leur vint point dans l'esprit de renoncer à des usages avec lesquels ils avaient fait de si gran» des choses.

Le succès que les Romains eurent contre Philippe fut le plus grand de tous les pas qu'ils firent pour la conquête générale. Pour s'assurer de la Grèce , ils abaissèrent par toutes sortes de voies les Etoliens , qui les avaient aidés à vaincre ; de plus, ils ordonnèrent que chaque ville grecque qui avait été à Philippe ou à quelque autre prince se gouvernerait dorénavant par ses propres lois.

On voit bien que ces petites républiques ne pouvaient être que dépendantes. Les Grecs se livrèrent à une joie stupide , et crurent être libres en effet parce que les Romains les déclaraient tels.

Les Etoliens, qui s'étaient imaginé qu'ils domineraient dans la Grèce, voyant qu'ils n'avaient fait que se donner des maîtres, furent au désespoir ; et comme ils prenaient toujours des résolutions extrêmes, voulant corriger leurs folies par leurs folies , ils appelèrent dans la Grèce Antiochus , roi de Syrie , tfOQiime ils avaient appelé les Romains.

Les rois de Syrie étaient les plus puissants des successeurs d'Alexandre ; car ils possédaient presque tous les Etats de Darius, à l'Egypte près : mais il était arrivé des choses qui avaient fait que leur puissance s'était beaucoup affaiblie.

Séleucus , qui avait fondé l'empire de Syrie, avait, à la fin de sa vie , détruit le royaume de Lysimaque. Dans la confusion des choses, plusieurs provinces se soulevèrent : les royaumes de Pergame , de Gappadoce et de Bithynie se formèrent. Mais ces petits Etats timides regardèrent toujours l'humiliation de leurs anciens, maîtres comme une fortune pour eux.

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