CHAPITRE III. — LE
nous occupe ici. Que l'on se reporte à la citation des Méchaniques (Chap. I, § 4), La notion de moment a quelque rapport avec l'idj^û; ou la Sûvapiiç d'Aristote. Galilée parle en général de la compensation qui s'établit entre la force et la vitesse, et ce n'est qu'exceptionnellement {voir le passage signalé par la Noie 43) qu'il considère la force et le chemin. Il n'est pas nécessaire de faire ressortir la parenté des développements du Chapitre V des Méchaniques, notamment de la phrase qui précède la note 40, avec la citation donnée plus haut de Thâbit ibn Kurrah. Il est d'ailleurs permis de penser que, dans ce Chapitre, Galilée ne dégage pas très exactement la notion du travail virtuel, notamment qu'il est insuffisamment explicite sur la nécessité de considérer les déplacements dans la direction des forces.
Toutefois ses idées sur ce point n'étaient pas inexactes, car ce défaut n'existe plus dans son Traité postérieur intitulé ; Discorsi inlorno a due nuove scienze (voir le passage qui suit la note IH). Mais, même là, il semble bien {voir la phrase qui précède la note 117) qu'il établisse encore la correspondance plutôt entre force et vitesse qu'entre force et chemin.
On remarquera que Galilée n'a pas pris le principe du travail virtuel pour fondement de sa théorie des Méchaniques; il se contente de faire voir en lui un corollaire important des lois de Téquilibre,
§ â. — Les propriétés du centre de gravité ("').
Encore ici, il faut partir d'une opinion d'Aristote, qui se rattache à la théorie du mouvement naturel des corps. Dans son Traité du Ciel, Aristote déclare que tout corps grave se porte vers le centre de l'Univers, lequel coïncide avec celui de la Terre, et qu'il ne s'anête que lorsque son milieu vient se placer en ce centre.
C) Voir OuBEH, Le) originel de ta Statique, t. II
De cette affirmation et du rapprochement entre ce milieu des graves et le centre de gravité, dont les anciens avaient la notion expérimentale (voir Chap. I), est née une doctrine dont le principal artisan a été Albert de Saxe (xiv* siècle). Cet auteur a développé sa théorie à propos de diverses questions de philosophie naturelle, notamment de la forme de la Terre. Pour lui c'est le centre de gravité, ce point où toute la pesanteur du corps est comme concentrée et qui ne coïncide pas toujours avec le centre de figure, qui tend à se placer au centre du monde. Cette théorie a eu un grand succès. Elie a continué à être en vogue même après les recherclies de Copernic : on s'est contenté alors de remplacer le centre de l'Univers par le centre de la Terre et d'une manière générale par le centre de l'astre à la surface duquel se trouvent les graves. On en voit la trace dans les travaux de Galilée; que l'on se reporte aux Méchaniques, citées plus haut (note 35) et au passage des Discorsioii le célèbre Florentin affirme que le centre de gravité d'un système de graves ne peut s'écarter naturellement du centre commun des choses pesantes (notes il5 et 116).
La considération du centre de gravité peut servir de principe à l'étude de la Statique, Dans ses Notes, Léonard de Vinci énonce et utilise le théorème que, si un corps est en équilibre, la verticale de son centre de gravité tombe dans le polygone de sustentation. Cardan (Opus novum et De subtiljtate) et Bernardine Baldi {Exercices sur les questions mécaniques d' Arislote, i62i)se servent plus ou moins heureusement des propriétés du centre de gravité sous une forme qui les rattache davantage à la théorie d'Albert de Saxe : un corps est en équilibre quand son centre de gravité ne peut pas descendre. Il parait probable d'ailleurs que ces deux auteurs ont dû emprunter cet énoncé à quelque manuscrit de Léonard. Guido Ubaldo, au début de sa Statique, utilise des considérations analogues.
Il est fort remarquable que la notion de centre de gravité ne soit valable qu'avec des verticales parallèles, et que, cependant, elle se soit développée dansdesécrits(notammentdans