‹ Lectures de mécanique: La mécanique enseignée par les auteurs originauxChapitre 34 sur 71 · CHAPITRE 1. — LBS PRBMiArbS HECHRHGHES SDH L · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1. — LBS PRBMiArbS HECHRHGHES SDH L

même sentir de la main pendant que nous faisons tourner cette pierre dans celte fronde, car elle tire et fait tendre la corde pour s'éloigner directement de notre main.

[Sur le choc des corps, Descartes donne sept règles. A titre d'exemples, en voici trois.

Le corps B et le corps C, égaux, allant dans le même sens, B un peu plus vile que C, aux termes de la troisième règle, B et C, après le choc, iront ensemhie avec une vitesse égale à la moyenne des vitesses avant le choc (").

La quatrième règle est relative au choc d'un corps C en repos par (in corps B plus petit que lui : C restera immobile et B rejaillira.

Voici enfin la sixième : si le corps C est en repos et est choqué par un corps B qui lui est égal, B pousse C et en même temps C le fait rejaillir; si B a une vitesse 4, <! donne une vitesse i à C et avec la vitesse 3 il retourne en arrière.] Car, étant nécessaire ou queBjioiisse Csans rejaillir et qu'ainsi il lui transfère deux degrés de son mouvement, ou liien qu'il rejaillisse sans le pousser, et que, par conséquent, il retienne ces deux degrés de vitesse avec les deux autres qui ne peuvent lui être 6lés, ou bien qu'il reja illise en retenant une partie de ces deux degrés et qu'il le pousse en lui transférant l'autre partie, il est évident que. puisqu'ils sont égaux et ainsi qu'il n'y a pas plus de raison pourquoi il doive rejaillir que pousser C, ces deux effets doivent être également partagés, c'est-à-dire que B doit transférer à C l'un de ces deux degrés de vitesse et rejaillir avec l'autre ('•*)■

Il arrive souvent que l'expérience peut sembler d'abord répugner aux règles que je viens d'expliquer, maïs la raison en est évidente, car elles présupposent que les deux corps B et C sont parfaitement durs et tellement séparés de tous les autres qu'il n'y en a aucun autour d'eux qui puisse aider ou empêcher leur mouvement et nous n'en vovons point de tels en ce monde ("").

(**) Cette règle tertit exicU, tpplïquée aux corps parfaïteai«nt mou*.

["•) Od voit qae, à travers ses erreurs, Descartes est guidé par l'idée de 1» cod-

vaJear absolue, ta» signe. On voit aussi qu'il est difficile d« trouver ici iu« applicalioa de' la notiou de mouiremvtl propre d'un corps, telle qu'elle est posée plH hauL

('") Ces ligues uat tréi uaractéristîques de la pensée de Descartes. Il savait, atissi bien que quiconque, observée la nature et raisonner exactement de ses lois.

- BTCDES DB DTTIAIIIQVE.

Nous venons d'assister, dans ce qui précède, à la naissance de l'idée d'inertie.

Nous terminerons en sig^nalant que cette idée et l'explication de la chute accélérée des graves par raccumulation des actions de la pesanteur ont été adoptées et développées 1res heureusement par Gassendi (i592-i656) en 1640 {Epistolœ 1res de motu impresso a motore translata) et en if>45 {Lettre au P. Cazrée).

g 2. — Accélération et force statique- La dynamique de Galilée, bien que n'ignorant pas l'idée de force des corps en mouvement ou d'inertie, n'est point véritablement fondée sur elle. On doit la considérer comme formée par l'union de la notion cinématique d'accélération et de la notion statique de force. Le savant florentin l'a créée à propos du problème du mouvement des corps pesants. Elle est exposée dans un de ses chefs-d'œuvre, les Discorsi et dimostrazioni matematiche inlorno à due nuove scienze attenanli alla Mecanica et i movimenti locali. Dans la première édition de cet Ouvrage, parue à Leyde en i638, le mouvement des corps pesants est étudié presque exclusivement au point de vue cinématique ; l'idée de force statique a été introduite par une importante scholie ajoutée par Galilée en i655 dans l'édition de Bologne.

L'Ouvrage est sous forme de dialogue et divisé en quatre journées. Les deux premières journées sont consacrées à la résistance des matériaux, les deux dernières au mouvement local. Nos citations seront empruntées à la troisième et à la quatrième. Trois interlocuteurs, Salviati, Sagredo et Simplicio, lisent ensemble l'Ouvrage d'un auteur de leurs amis, écrit en latin, et discutent en italien à son sujet.

Mais il a*ail ensuite la prétention de tout reconstruire rationnellement, par les principes de sa philosophie; il considérait que dans la pensée seule était le principe de la certitude. On sait qu'il ne voulait admettre en Physique que les principes reçus en Géométrie. Aussi en venait-il, par exagération de système, à négliger l>ïp*rieiice.

CBAPITSB I. — LES PAEMIÉRBS RECHERCHES SUR LE UOL'VBMBNT. 9I

TnoisiÈMB joun>ÉE. — Do moovembnt local.

[Il est d'abord quesUoa du mouvement uniforme. Galilée s'occupe ensuite du mouvement naturellement accéléré.]

L'Ouvrage. — Nous avons considéré dans le Livre précédent ce qui se passe dans le mouvement uniforme ; étudions maintenant le mouvement accéléré. Et d'abord, il convient de rechercher et de développer une définition s'appliquant surtout à celui qu'on rencontre dans la nature. On a parfaitement le droit, en eflTet, d'imaginer arbilrairement une loi de mouvement et d'en considérer les conséquences (c'est ainsi que les auteurs qui ont imaginé les hélices ou les conchoïdes, courbes engendrées par des mouvements qu'on ne rencontre pas dans la nature, n'en ont pas moins acquis la renommée à tirer, des hypothèses faites, la démonstration de leurs propriétés) : mais la nature présente une certaine loi d'accélération dans la descente des graves, et nous nous proposons d'étudier les propriétés de cette descente, pourvu que la définition que nous allons donner du mouvement accéléré s'accorde avec l'essence du mouvement naturellement accéléré. Nous crojrons fermement avoir trouvé, après de longues réflexions, la définition convenable, et nous le croyons surtout parce que les propriétés démontrées par nous paraissent s'accorder très bien avec les phénomènes expérimentaux. En dernier lieu, nous avons été conduits comme parla main, dans la recherche de l'accélération naturelle, par l'observation de l'usage de la nature dans tous ses autres ouvrages, où elle a coutume d'employer des moyens immédiats, très simples et très faciles; en effet, personne ne croira, je pense, que la natation ou le vol puissent être réalisés par des procédés plus simples et plus faciles que ceux qu'emploient, d'instinct, les poissons ou les oiseaux. Par conséquent, quand je vois une pierre tomber en partant du repos et acquérir ensuite de nouveaux degrés de vitesse, pourquoi ne croii-ais-je pas que ces accroissements suivent la loi la plus simple et la plus banale ('•*)? Si nous y

('") C'est là UD des rares raisannements de ce Traité qui ne soient pas niodernes. Pour un moderne, il n'y a aucune raison de penser que la Nature procède par des lois simples. Le moderne n'en recherche pas moins la loi simple, nuis il sait que cette nécessité lui est imposée plutôt par la tournure de son esprit que par les objets qu'il étudie.

D'ailleurs U simplicité du mouvement uniforméinent accéléré n'est pas si évi-

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93 LIVBB II. — BTHUBS db mnamioub.

regardons altentivement, aucun accroissement ne noui parattra pins simple que celui qui se fait toujours de la même mauière. Nous comprendrons facilement le sens de cette phrase en considérant la très grande affinité qui existe entre le temps et le mouvement : de même que l'égalité et l'nniformité du mouvement se définissent et se conçoivent par l'égalité des temps et des espaces (nous disons en effet qu'un mouvement est uniforme quand des espaces égaux sont parcourus dans des temps égaux), de même nous pouvons percevoir la simplicité dans les accroissements de vitesse par la même égalité des parties du temps, en concevant que le mouvement est accéléré uniformément et coatinuellement de la même manière quaod, dans des temps égaux, il reçoit des accroissements égaux de vitesse. Dans ce mouvement, ai l'on considère des éléments de temps égaux à partii de l'instant où le mobile quitte le repos et commence à descendre, le degré de vitesse acquis dans les deux premiers éléments de temps sera double de celui que le mobile aura acquis dans le premier seul; le degré acquis dans les trois premiers en sera le triple, le degré acquis daas les quatre premiers en sera le quadruple.... Ainsi il ne parait ea rien contraire à la raison de supposer que l'accroissement de la vitesse se fait comme celui du temps. On peut donc accepter la définition suivante pour le mouvement dont nous allons traiter : j'appelle mouvement également et uniformément accéléré celui qui, parlant du repos, reçoit des degrés égaux de vitesse {momenta ceieritatis) dans des temps égaux. . ..

[Sagredo fait à cette définition l'objection suivante :] J'imagine un mobile pesant descendant et partant du repos, c'est-à-dire d'un état sans aucune vitesse; j'imagine qu'il entre en mouvement et que sa vitesse croisse comme le temps à partir de l'insUnt initial; il aura acquis, par exemple, eu huit puisalions {'"*), 8 degrés de vitesse, dont 4 seulement t'auront été en quatre pulsations, a dans deux, i dans une. Le temps étant divisible à l'infini, il s'ensuit que, en diminuant toujours dans le même rapport la vitesse précédente, il n'y aura aucun degré de vitesse,

deote de soi que celle loi s'impose sans conteste comnie plus simple que taules les aulres. Od verra plus loin (passage signalé par Ja note 108) que Galilée luimtme a commencé par supposer que, dans le mouveroeat des graves, les vilesses CToisseat comme les espaces parcourus.

(■") Il s'agil de la durée du batlemeol du pouls.

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