‹ Lectures de mécanique: La mécanique enseignée par les auteurs originauxChapitre 48 sur 71 · LIVRE Cl. — ETUDES DE · texte numérisé non relu

LIVRE Cl. — ETUDES DE

sont suspendues des boules de glaise médiocremenl molle, d'un diamètre tel qu'elles se touchent quand DI et EL sont verticaux. On laisse tomber les pendules à partir des positions DI', EL'. On

Fig. 57-

peut régler les vitesses au moment du cboc en réglant les points de départ I' et L'. On s'appuie pour cela sur les lois de la chute des corps]. . ..

Second principe d'expérience. — Proposition KL — Lorsque deux corps se choquent directement, la puissance ou force de leur choc pour faire impression l'un sur l'autre est la même, soit qu'ils aillent l'un contre l'autre avec des vitesses égales ou inégales, ou qu'un seul des deux soit en mouvement, ou que tous deux aillent de même part, pourvu que h vitesse propre de chacun d'eux soit uniforme .... et, qu'étant en même distance lorsqu'ils commencent à se mouvoir, ils emploient des temps ég.-iiix à se rencontrer, c'est-à-dire pourvu que leur vitesse respective soit toujours la même....

Cette proposition se prouve facilement par l'expérience, si ces corps sont des boules de terre glaise médiocrement molle, en lesfaisant choquer avec de telles vitesses propres qu'on voudra, ta vitesse respective demeurant toujours la même : car ces boules s'aplatiront toujours de la même façon. Elle se prouve aussi par les expériences que l'on peut faire dans un bateau qui va très vile sur l'eau, car si l'on pousse quelque corps avec la même force, soît du côté oii le bateau va, soit vers le côté opposé, ou de travers, il choquera toujours de même force les corps qui sont dans le même bateau à distances égales; ce qui procède de ce que la vilesse respective est toujours la même, quoique la vitesse propre du corp&

— LE CHOC DES C0KP8. Iig'

qui choque et de celui qui est choqué ne soit pas toujours la même, à cause du mouvement du bateau ('**)•

[MarioUe définit ensuite la quantité d« mouvement parle produit du poids par la vitesse et il ajoute] :

Par poids d'un corps, on n'entend pas ici la vertu qui le fait mouvoir vers le centre de la Terre, mais son volume avec unecertaiue solidité ou condensation des parties de sa matière qui est vraisemblablement la cause de sa pesanteur (<*^).

Cinquième pbihcipe d'expériehce. Pbopositioh VI, — Si les quantités de mouvement de deux corps sont égales lorsqu'ils se choquent directement, ils s'arrêteront l'un et l'autre et demeureront sans mouvement, s'ils s'attachent ensemble. Mais si les deux quantités de mouvement sont inégales, ils ne demeureront pas en repos immédiatement après le choc.

Faites que la boule l de la machine décrite en la première proposition soit double de la boule L et qu'elles se touchent quand elles seront au repos, sans s'appuyer l'une contre l'autre. Éloignez la |ihis grosse I de son point de repos par un arc de lo" et la moindre L par un arc de 20" selon la manière qui y est enseignée. Laissez-les aller en même temps, afin ^qu'elles se rencontrent lorsque leurs centres seront arrivés en leurs points de repos, auquel moment elles se choqueront directement avec des quantités de mouvement égales ('**). . . . Alors vous verrez toutes deux demeurer sans mouvement. . . . Mais si l'on augmente un peu le poids ou la vitesse d'une des boules, on verra qu'elle emportera l'autre un peu au delà de son point de repos. . . .

Avertissement. — Ce principe d'expérience ou règle de ta nature.... est presque la même chose que ce principe de Mécanique : les corps dont les poids et distances sont réciproques en une balance font équilibre {'").

( '") On trouve ici un souvenir dea idées d'Huygens. Voir § 3 de ce Chapitre.

('") Mariotle entrevoit ici la dialinclion entre les notioQS de maase el de poids.

{"') Parce que les vitesses acqoises sur un arc de 10' et sur un arc de 10* sont i peu prés doubles l'une de l'autre, comme cela résulte des lois de ta chute des corps et du fait que les urcsde3o°et de 10° sont petits. Muriotte tait ciplicitement remarquer que cette approximation est suf.lsante au point de vue expérimental.

( "' ) C'est lï, sans doute, un souvenir des idées de Wreu. Cf. § î de ce Cliapitre.

l3o LtVkB II. — STDDB« DB DTNAIIIQVE.

Sixième VRiHciPB d'expérience. Proposition X ('")■ — Si un corps mol sans ressort choque directement un autre corps mol et sans ressort, les deux ensemble étant joints après le choc iront de même part que le corps choquant et la quantité de mouvement des deux ensemble sera égale à la quantité de mouvement de ce corps avant le choc.

Sp-ptième principe d'expérience. Proposition XI. — Si deux corps mois sans ressort vont de même part avec des vitesses inégales et que le plus vite rencontre l'autre directement, ils auront ensemble, après qu'ils seront joints, une quantité de mouvement égale i la somme des quantités de mouvement des deux corps avant le choc.

Celte proposition se prouve par l'expérience comme la précédente par le mo;^en de la machine décrite en la première propo-

HuiTlÈMB PRINCIPE d'eSPÉRIENCE. PROPOSITION Xlf. -— SI dcuX

corps mois sans ressort, égaus ou inégaux, se rencontrent directement, allant l'un contre l'suli'e avec des vitesses égales ou inégales, et que leurs quantités de mouvement soient inégales avant le choc, la moindre quantité de mouvement se perdra entièrement et il l'en perdra autant de l'autre et les deux oorps joints ensemble n'auront plus que la quantité de mouvement restante, c'est-à-dire la différence des deux quantités de mouvement avant le choc. . . . Faites que les deux boules de terre glaise L et I soient d'un poids égal et les faites rencontrer avec des vitesses inégales, élevant la boule I jusqu'au vingtième degré vers I' et la boule L jusqu'au dixième vers L', afin que la vitesse de la boule I soit double de celle de t'aulre boule avant le choc. Alors vous les verrez aller ensemble après leur rencontre jusqu'à ce que le fil de suspension de la boule L soit reporlé au cinquième degré.

Neuvième principe d'expérience. Proposition XIV. — S'il y a lin corps inébranlable à ressort qui ait changé ta figure et se soit

("*) Tous les principes d'expérience qni suivent sont donnés par Marioiie comme démontrés par le mojen de son appareil décrit plus hiul.

cHÀMna u-

mis en reesort par le dinc tt'uB corpedar«t ûiQeuUe, «n sereslituant et repi^nsnl sa prenière figure il redonoei» à «e corpg Ja

tnèmc vitesse ^u'il avait itnmédiatfmeiU avant le choc. . . .

[Pour faire connaître la vérité de cette proposilioD parl'expé' rieuoe, Mariotte prend un pendille 01 dont la boule I e»t en jaspe ou en verre |)oli. Il le fait osciller de sorte qu'au point ie plus bas, la boule '1 r^iconire une corde à boyau tendu EF (perpendiculaire au plan de la ligure, vue en perspective). Le boule est alors repoussée et remonte sensiblement au point d'où elle descend : la petite difTéreoce provient de la résistance de l'air.]

pROPOsiTiOH XV, — Si deux corps à ressort se choquent directement avec des vitesses réciproques â leurs poids, chacun de «es corps retournera en arrière avec sa première vitesse.

Soient premièreneat A et B deux ballons -égaux où l'air soit

Fig. Sg.

égalenent pressé et qu'ils ae rencontrent avec des vitesses égales A(;, BC. Je dis qu'ils se réfléchiront avec les mêmes vitesses. Car, par la proposition sixième, leur mouvement simple doit se perdre entièrement, et il ne se réparerait point s'ils n'avaient point de ressort. Mais les ballons s'élant choqués chacun avec la même force et ne cédant point l'un s l'autre, leur choc fera le même effet que si chacun d'eux avait rencontré un corps inflexible et inébranlable, et par conséquent ils s'enfonceront l'un l'.iulre et s'aplatijront de même. Mais en reprenant leur première ligure par le res-

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