‹ Lectures et exercices cours élémentaireChapitre 34 sur 89 · FIG. 23. — HENRI IV · texte numérisé non relu

FIG. 23. — HENRI IV

{D'apj-ès Porhus ie Jeiine, peintre JJo.iii and, 1570- 1622.)

5 étaient les trois frères, François II, Charles IX, Henri III ; ils moururent jeunes, sans enfants, ayant

subi toute leur vie la domination de la fameuse Catherine de Médicis, leur mère.

À la mort de ?Ienri III il se trouva que l'héritier légal était Henri de Navarre, qui descendait directe- 10 ment de saint Louis ; mais Henri de Navarre était le chef du parti protestant, et les catholiques français organisèrent une résistance très forte contre celui qui avait droit à la couronne de France Après avoir remporté deux victoires contre les catholiques que 15 les Espagnols soutenaient, Henri IV arriva devant Paris. La ville était tout entière aux mains des catholiques, dont le parti s'était organisé sous le nom de la Ligue. Henri IV ne pouvait espérer prendre d'assaut l'énorme ville, car il n'avait qu'une toute 20 petite armée. C'est par la faim qu'il voulait la réduire.

Il empêcha donc l'entrée des vivres dans la capitale. En un mois les Parisiens avaient épuisé leurs provisions. On en vint au pain d'avoine, on en vint 25 aux chats, aux chiens. Le roi prit les faubourgs, et le peuple, qui ne pouvait plus sortir des murs même pour chercher de l'herbe, fut clos comme dans un tombeau. Un historien du temps raconte qu'on alla jusqu'à faire du pain de la poussière d'os qu'on 30 prenait aux cimetières. Cependant du haut des murs les Parisiens voyaient les champs riches de moisson. Les pauvres gens risquaient leur vie pour aller couper des épis. On les chassait, on les blessait sans qu'on pût les décourager. Henri IV alors fut 35 très beau : il déclara que s'il devait prendre Paris au prix de la vie de tant de Français il aimait mieux y renoncer ; et il laissa aller et venir tous ceux qui

voulaient sortir. Tous en profitèrent, les gens aisés

40 aussi bien que les pauvres. Cependant l'armée espagnole avançait par le sud, et Henri IV dut lever le siège. Le roi protestant n'avait pu prendre sa capitale.

Il y entra cependant, mais trois ans plus tard,

45 ayant abjuré la religion protestante. Il avait compris que c'était là le seul moyen de mettre fin à cette épouvantable guerre civile, dont les Espagnols, ennemis jurés de la France, essayaient de tirer tout le profit. Il fut acclamé par les Parisiens enthousiastes et se

50 mit aussitôt en devoir de chasser les Espagnols du royaume. Il y réussit grâce à la fidélité de ses sujets et aussi grâce au secours que lui prêta la reine d'Angleterre, Elisabeth.

En 1598, par l'édit de Nantes, il assura aux pro-

55 testants la liberté de conscience, et la liberté du culte dans un certain nombre de villes.

Le règne de Henri IV fut réparateur pour la France qu'avaient épuisée quarante ans de guerres civiles. Le roi et son ministre Sully donnaient toute

60 leur attention au développement du commerce et de l'industrie, et au bien-être du peuple. ' Je voudrais,' disait Henri ' que chaque paysan du royaume pût tous les dimanches mettre la poule au pot.'

Malgré sa popularité, il avait souvent été l'objet

65 de tentatives d'assassinat surtout de la part de fanatiques catholiques qui croyaient qu'il était resté protestant de cœur. C'est ainsi qu'il mourut en 1610 sous le couteau d'un de ces fanatiques nommé Ravaillac.^

' Par L. Chouville.

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