LES SAISONS.—L'HIVER
ferait périr. La plupart des insectes sont morts ou se cachent. Les serpents, les lézards, les blaireaux, les taupes, les marmottes, les hérissons dorment dans des trous tant que durent les frimas. Les chauves-souris dorment aus:i, mais suspendues par les pieds et serrées les unes contre les autres.
Les oiseaux des champs oùt presque tous émigré. Les chevaux, les bœufs, les moutors.…, ne peuvent aller paître ; ils périraient, si le cultivateur n'avait pas mis en réserve de quoi les nourrir.
La nature est triste ; mais il ne faut pas croire qu'elle soit alors oisive comme elle le paraît. Il se fait un important travail intérieur : le grain semé en automne s’imbibe d'humidité, se gonfle, pousse en bas ses racines et en haut sa tige, qui se montre hors de terre; les bourgeons des arbres se gonflent aussi dès les premiers beaux jours. Le froid détruit une multitude d'insectes nuisibles et dissipe les miasmes! répandus dans l'air, et qui sont contraires à la santé.
L'hiver présente plus que les autres saisons des occasions de souffrir ; mais cela même est un avantage sous le rapport moral. Ne faut-il pas nous exercer à surmonter la douleur, et montrer ainsi que nous avons du courage ? Les rigueurs de l'hiver nous font en outre concevoir ce qu'endure le pauvre dans sa mansarde sans feu, où siffle la froide bise, ou bien sur le bord de la route glacée, d'où il tend aux passants une main suppliante.
(1) Miasme:, Émanations pravenart de substances végêtales où animales en dée cotuposition. ;