LXXVII—LE JARDIN DES DENICHEURS
Le Père André possédait un beau jardin sur la lisière d'un bois. Il lui produisait en abondance des légumes et des fruits; et l’on y était charmé par le chant des oiseaux
qui nichaient aux alentours. Mais ses fils eurent ja pen- | P sée de rechercher les nids, et d’en enlever les petits pour le les aller vendre à la ville. Ilsut leur projet et le leur laissa ce accomplir sans leur faire aucune remontrance. ii
L'année suivante, la récolte fut moindre. La deuxième U année, les arbres fruitiers ne rapportèrent rien: ils étaient entourés de filaments cotonneux et dégarnis de feuilles. q
On avait, trois étés consécutifs, détruit les oiseaux insec- le tivores, et favorisé, par cela même, la prodigieuse multiplication des chenilles, des pucerons, des sauterelles, des l': hannetons, des courtilières, ete... Ces insectes destructeurs re pullulaient dans la terre, où ils rongeaient les racines, et d sur les plantes, dont ils dévoraient les feuilles. ee
L'imprudent jardinier comprit enfin combien il avait eu la tort de laisser détruire les nids des petits oïseaux, et pen- ri dant deux années encore il eut sujet de s’en repentir. ‘
Les dénicheurs n’vaient pas retiré $10 de la vente des A oisillons, et la perte qui en avait été la conséquence pou- n vait être évaluée à plus de $200. el
Enfants, ne les imitez pas. Faites-vous, au contraire, Ir les protecteurs des petits oiseaux et des autres animaux fo utiles. Le bon Dieu les à créés pour nous défendre contre « m les destructeurs de nos récoltes, c'est seconder ses vues le que de les défendre eux-mêmes, contre ceux qui veulent to
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LXXVIIL—LES VEGETAUX EN GENERAL.
Le troisième jour de la création, Dieu dit: Que la terre produise les plantes verdoyantes avec leurs semences, et les arbres avec leurs fruits renfermant aussi leurs semences pour se reproduire. Il créa par *ette parole le règne végétal, comprenant tout ce qui a la vie, sans avoir le sentiment ni le mouvement volontaire,
Il a donné à la généraiité des végétaux la couleur verte, qui, tenant 1. milieu entre l’éclatant et le sombre, repose le regard sans l'éblouir ni l’attrister.
Tout végétal, depuis le plus petit brin de mousse jusqu’à l'arbre le plus élevé, est un digne sujet d'étude. ‘“ Admirez les plantes, dit à ce sujet Fénelon: elles fournissent des aliments aux sains et des remèdes aux malades. Leurs espèces et leurs vertus sont innombrables. Elles ornent la terre; elles nous donnent de la verdure, des fleurs odoriférantes et des fruits délicieux.”
. L'homme utilise, pour ainsi dire, tous les végétaux. Ainsi les céréales, les légumes, les fruits, lui servent de nourriture ; le trèfle, le gazon, le sainfoin, nourrissent et engraissent ses bestiaux ; le lin, le chanvre, le cotonnier, lui fournissent des vêtements ; il trouve dans les arbres forestiers du bois pour se chauffer, pour construire ses maisons et ses navires, et pour confectionner ses meubles : les fleurs lui procurent de l'agrément ; beaucoup de plantes, même parmi les nuisibles, servent à le guérir,
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