‹ Lectures historiquesChapitre 8 sur 17 · SOUS LE CONSULAT · texte numérisé non relu

SOUS LE CONSULAT

Si vous aimez les romans d'aventures, je n'en connais pas un qui soit, avec un héros plus singulier, traversé de plus de péripéties, agité par plus de catastrophes, semé de plus d'épisodes surprenants, mêlé à de plus grandes affaires et à de plus fameux personnages, que la vie du comte d'Antraigues (1). Si vous aimez les énigmes historiques, je n'en ai pas rencontré de plus irritante à la curiosité, de plus décevante aux conjectures que celle des correspondants anonymes ou pseudonymes d'Antraigues à Paris pendant le Directoire et le Consulat. M. Léonce Pingaud, à qui une main très libérale avait déjà ouvert les précieux tiroirs où dormait la correspondance de Vaudreuil, a rassemblé de toutes parts, de Moscou à Dijon et de Londres à Paris, les pièces incohérentes de cet

(1) I.e comte tfAnlraiques, par Léonce Piîigapd, 1 vol., 2* édition. Paris, PIou, 1804. M. Pingaud, eu publiant cette seconde édition, a joint à son ouvrage de précieux appendices contenant des extraits des correspondances de Vannelet, des amis et de l'amie de d'Antraigues à Paris.

extraordinaire dossier. Il en a fait un résumé, un extrait, comme on disait autrefois, clair, substantiel, sobre et constamment intéressant. Ceux qui connaissent, pour s'y être plus ou moins égarés, les labyrinthes et les broussailles de l'émigration, sauront à M. Pingaud un gré particulier de la suite et de la discrétion qu'il a mises dans son ouvrage. Les autres lecteurs en profiteront tout simplement, sans en apprécier autant le mérite. La trame du roman d'Antraigues est trop serrée et trop compliquée pour qu'on la résume. Je vais tout droit à l'énigme : ce n'est pas seulement un divertissement de haute curiosité; c'est un objet pénible, mais instructif d'études. L'ouvrage de M. Pingaud jette sur un coin du monde consulaire une lumière inattendue, très trouble et très inquiétante.

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