L'ANTHROPOPHAGE
(L' antropofago.)
Deux petits enfans (fanciulli) habitans d'une ville (città) s'étant égarés (smarriti) dans un bois, pendant (durante) une nuit obscure, se réfugièrent dans une maison (casa) isolée pour y passer la nuit.
Vers minuit, ils entendirent (sentirono) parler à haute voix dans la chambre contiguë à la leur, et tous deux (ambedue), cédant à leur curiosité, se mirent à écouter à la porte (uscio). Ils entendirent alors distinctement ces paroles : " Femme (moglie), demain tu nettoieras la chaudière (caldaia) , parce que je tuerai (ammazzero) ces deux petits mignons (esseri carini; galanterie) qui me sont venus de la ville. 9
A ces mots, les pauvres enfans furent saisis (presi) d'une frayeur (spavento) mortelle: w 0 ciel ! se dirent-ils à yoîx basse, cet homme est un anthropophage! n Et làdessus (su di cio) ils s'échappent par la fenêtre. Mais en sautant ils se blessèrent (ferirono) au point qu'ils ne pouvaient presque (quasi) plus marcher (camminare) ; d'ailleurs (del resto) ils trouvèrent la porte de la cour hermétiquement fermée (chiusa). Ils se décidèrent donc . à se glisser furtivement (penetrare di soppiatto) dans la porcherie (stalla de'maiali), où ils passèrent la nuit dans de terribles angoisses.
Le lendemain, l'hôte vint ouvrir la porte de Tétable aux cochons, et se mit à crier, en aiguisant (aguzzando) son couteau: "Allons, allons, Messieurs, sor-