LE PETIT VAKN1ER
(Il piccolo panieraio.)
Le jeune Edouard, issu {disœndenté) de parens assez riches, et croyant (confidando) que sa fortune à venir l'exemptait de travailler (lavorare) , ne voulait absolument rien apprendre (impararè). Le petit Jacques, fils d'un pauvre voisin, était au contraire assez laborieux, et avait appris (imparalo) avec une grande ardeur à faire des corbeilles (ceste) de joncs.
Un jour Edouard s'amusait (si divertiva) à pêcher à la ligne (amo) sur les bords (spiaggia) de la mer. Jacques, qui venait de couper (aveva appena tagliato) un paquet (fascio) de branches (rami) de saule (salice), se disposait à retourner auprès de (a) ses parens, lorsque tout-à-coup (alV improvviso) des corsaires, qui étaient descendus à terre pour chercher des provisions , sortirent (uscirono) précipitamment d'une forêt, s'emparèrent (s' impadronirono) des deux enfans , et les traînèrent à bord de leur vaisseau afin de les vendre ensuite comme esclaves.
Le navire poussé (spinto) par la tempête alla (ando) se briser (infrangersi) contre des écueils (scogli) d'une côte (spiaggia) habitée par des nègres cruels.
Jacques imagina alors que son industrie lui ferait trouver grâce aux yeux des (presse- ai) sauvages : il tira (trasse) son couteau de sa poche [tasca] et se mit à tresser (intrecciare) une charmante (leggiadra) corbeille [cesta). Une loule d'hommes, de femmes et d'enfans nègres se rangèrent (riunirono) bientôt autour de (a) lui et se mirent à le regarder avec une extrême curiosité , tandis (mentre) qu'il travaillait [lavorava).
Quand le panier fut achevé (terminato) , Jacques en fit présent (dono, regalo) à celui des nègres qui lui plut davantage (piacque maggior mente). Grands et petits brûlaient (ardevano) alors du désir d'en avoir un semblable. Ils lui donnèrent en conséquence, en toute propriété, une cabane ombragée d'arbres fruitiers afin qu'il pût travailler à son aise, et ils promirent en outre de lui fournir des vivres à discrétion.
Ensuite ils invitèrent Edouard à faire également des paniers; mais quand ils s'aperçurent (s'avvidero) de son , ignorance , ils se mirent à le frapper (percuoterlo) si ru-
dément (fortemente) , qu'il serait mort sur la place, si Jacques ne les eût touchés par (commossi cm) ses prières. Toutefois les sauvages exigèrent qu'Edouard échangeât (barattasse) ses vêtemens de velours contre les habits de serge (saia) de Jacques ; de plus ils l'obligèrent (costrinsero) à le servir comme domestique, et à le fournir (provvederlo) sans cesse (continmmente) de branches (frasche) de saule. .