‹ Lectures instructives et amusantes a l'usage des écoles techniques d'Italie et des maisons d'éducation des deux sexesChapitre 32 sur 94 · LE CHARLATAN · texte numérisé non relu

LE CHARLATAN

(Il ciarlatano.)

Un voyageur fort (piolto) décemment vêtu entra un dimanche dans l'auberge d'un village où il se fit préparer un poulet rôti et une bouteille du meilleur vin. A peine eut-il (si fu) mis le premier morceau (bocconé) dans sa (in) bouche , qu'il commença à pousser (mandare) des gémissemens pitoyables, se disant tourmenté depuis quinze jours d'un terrible mal de dents. Tous les paysans qui se trouvaient dans l'auberge se montraient déjà vivement touchés de (commossi dalla) compassion pour lui, lorsqu'à ce moment môme survint [sopraggiunse) un charlatan qui s'assit dans un coin (canto) de la salle et demanda un verre (hicchicre) d'eau-de-vie (acquavité).

Informé de l'indisposition de l'étranger (foresliero), il lui offrit sur-le-champ (sul momento) un remède qu'il affirmait être infaillible. Là-dessus il tira de sa valise un petit morceau de papier (pezzetto di carta) doré, plié symétriquement, et l'ouvrit en disant: * Messieurs, vous n'avez qu'à (vi baslcrà) mouiller (bagnaré) l'extrémité du petit doigt (mignolo) , et après l'avoir trempé (inlriso) dans la poudre blanche que voici (questa) , vous l'appliquerez sur la dent." L'étranger fit ce qui lui était prescrit, et s'écria aussitôt: "Dieu! quel soulagement (sollievo) subit! la douleur vient de (ora) passer sur-lechamp! " Alors il offrit au charlatan un écu à titre de récompense, et l'invita à souper (cenare) avec lui.

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