‹ Lectures instructives et amusantes a l'usage des écoles techniques d'Italie et des maisons d'éducation des deux sexesChapitre 40 sur 94 · LE TRÉSOR · texte numérisé non relu

LE TRÉSOR

ment en parut fort (molto) étonné (maraviglialo) . "Dans mon pays, dit-il, les choses se seraient passées (sarebbero) tout différemment (diversamente). L'acheteur (compratore) n'aurait pas même pensé à donner au vendeur un sou d'indemnité; loin de là (anzi)> il aurait tenu secrète la découverte du trésor. S'il n'avait point réussi dans (non gli fosse riuscito il) son projet, le vendeur l'aurait appelé en justice, et aurait revendiqué le trésor. De là serait né un procès qui aurait (sarebbe) probablement coûté plus que le (del) trésor lui-même."

Ces paroles surprirent extrêmement le juge. w Le soleil luit-il (risplende) également dans votre pays? dit-il à l'étranger. — Sans doute; reprit celui-ci. — Et la pluie (pioggia) qui y tombe (cade) , demanda de nouveau le juge, se compose-t-elle d'eau pure? — Assurément. — Voilà qui (questo) est bien singulier! Mais y a-t-il (vi sono) aussi chez vous (da voi) des vaches et des moutons? — En grand nombre, répondit l'étranger.

— Eh bien, s'écria le juge, c'est sans doute pour ces innocentes bêtes que le bon Dieu fait luire son soleil, et tomber l'eau de pluie (fa piovere); car pour vous (quanto a voi), vous ne le méritez certainement pas. "

(Il goloso avvelenato.)

La femme (moglie) d'un cordonnier fit (fecc) un jour cuire pour son souper (cena) une tourte aux prunes (suriné) dans une tourtière [teglia) de cuivre (rame) ;

ensuite (poi) elle la versa (rovescio) dans un plat de terre (tegame), laissa le vase sur le lavier (acquaio), et se rendit chez (si recô da) une voisine je ne sais trop pour quelle affaire (a che oggetto).

Pendant ce temps le cordonnier (cakolaio) , homme gourmand (ghiotto) s'il en fut jamais (quanto altri mai fosse) y entra dans la cuisine, et voyant un peu de tourte sur le bord (orlo) de la tourtière, il pensa que ce serait grand dommage (peccato) de la perdre. Il détacha le morceau (pezzo) avec l'extrémité du doigt, le prit et le mangea. Non content de ces deux bouchées, il se mit à râcler (raschiare) le fond du vase avec un couteau, et avala (in~ ghiotti) goulûment {ingordamente) les miettes (minuzzoli) de tourte qu'il avait recueillies. De retour au logis (casa), la femme trouva son mari pris de violentes coliques. La bonne femme voulait lui faire boire aussitôt de l'eau tiède (tiepida) mélangée (mcscolata) d'huile afin de lui débarrasser l'estomac; mais l'imbécille de cordonnier, pour lequel l'eau-de-vie était toujours le remède souverain, ne voulut absolument pas prendre d'autre boisson qu'un verre de cette liqueur.

Environ une heure après les coliques étaient devenues tellement atroces que le malade jetait (mandava) des cris pitoyables (compassionevoli) . La pauvre femme courut chercher le médecin. Celui-ci vint au point (allô spunlare) du jour, mais il était déjà trop tard. Le cordonnier commençait à gonfler , et peu d'inslans après il était mort.

La malheureuse veuve pleura amèrement; le médecin lui-même partagea son chagrin, tout en déclarant (dichiarando perd) que c'était la "gourmandise et l'ignorance qui avaient conduit son mari à la tombe. Il expliqua à la veuve comme quoi l'acidité des prunes avait

produit sur le vase le vert-de-gris [verderame) qui avait empoisonné ce débris (resti) de tourte , et comme quoi le cordonnier avait rendu le mal incurable en buvant de l'eau-de-vie au lieu du remède fort simple indiqué par sa femme.

Page 1