LE PONT DE VÉRONE
(Il ponte di Verona.)
Dans un débordement (slraripamento) de l'Adigc, le pont de Vérone fut emporté par la violence des eaux. Chaque arche croulait (rovinava) Tune après l'autre. Bientôt il n'en resta plus qu'une au milieu du torrent , et sur cette arche une maison habitée par [da) une famille entière. Du rivage on voyait ces pauvres gens tendre les mains et implorer du secours; mais le danger était tel que personne n'osait s'offrir pour sauver ces malheureux.
Le comte de Spolverini propose alors une bourse de cent louis à celui qui aura le bonheur (fortuna) de réussir. Une foule de curieux encombrait le rivage, mais personne ne se présentait pour tenter une entreprise aussi hasardeuse.
Sur ces entrefaites (in questo frattempo) arrive un jeune villageois (paesano). Il s'informe de ce qui se passe (accade), voit les infortunés tendre des mains suppliantes , et les entend pousser [mandare] des cris de détresse (angoscia). Le brave jeune homme n'hésite point. 11 monte sur (scendein) une barque, gagne (raggiunge) le milieu du fleuve à force de rames, jette une corde aux malheureux, les recueille un à un dans sa barque, et regagne (torna) le rivage , où il aborde (approda, giungé) avec bonheur (felicemente) au bruit (rumore) des acclamations de la foule.
Le comte de Spolverini veut lui faire accepter la bourse. * Je ne vends point ma vie, dit le jeune villa-