‹ Lectures instructives et amusantes a l'usage des écoles techniques d'Italie et des maisons d'éducation des deux sexesChapitre 49 sur 94 · LA TABATIÈRE D'OR · texte numérisé non relu

LA TABATIÈRE D'OR

"Mon colonel, répondit le porte-drapeau, c'était pour un motif que je n'avouerai qu'à vous seul. Comme mes parents sont assez pauvres, je leur abandonne la moitié de ma solde, et pour pouvoir le faire, je ne mange jamais un plat (pietanza) chaud. Lorsque vous m'avez fait l'honneur de m 'inviter, j'avais déjà mon dîner (pranzo) dans ma poche. Je vous laisse à penser combien j'eusse été honteux (confuso) si en la retournant j'en eusse fait tomber un saucisson et un morceau ipezzo) de pain noir.

— Vous êtes un excellent fils, lui dit le colonel touché (commosso) de cet aveu (confessione) ; et afin de vous donner toute facilité pour secourir vos parents, votre couvert (posata, coperta) sera mis chaque jour à ma table."

Cela dit, il le conduisit dans la salle à manger, et devant tous les officiers il lui fit présent (lo regalo) de la tabatière d'or comme témoignage (contrassegno) de son estime.

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