LE CHIEN
(Il cane.)
Agathe. Oh ! le beau petit chien (canino) ! il n'est pas plus gros que le poing (del pugno). On dirait qu'il est en colère. Que me veut-il?
Emile. Ne crains rien, Agathe, c'est seulement pour
jouer (fare il chiasso) que Moschino montre les dents. Il croit peut-être aboyer, n'est-il pas vrai, papa?
Valère. Assurément [di certo): il ne veut pas te faire de mal, ma petite Agathe. Vois comme il agite (muove) la queue en signe de joie et d'amitié. Le chien est un animal qui s'attache (si affeziom) facilement.
Agathe. En venant ici, j'ai rencontré dans (per) la rue quelques petits polissons (ragazzacci) qui s'amusaient (si divertivano) à crier après un pauvre chien pour l'effrayer (spaurirlo); ils lui jetaient (tiravano) même des pierres (dei sassi).
Valère. Il faut (deve) avoir bien mauvais cœur pour faire (celui che fa) du mal aux animaux , même en plaisantant (per fare il chiasso). Mais maltraiter un chien, c'est se montrer véritablement cruel. Le chien est un animal si bon, si intelligent! il aime son maître par-dessus tout. Il lui est aussi fidèle que l'ami le plus sincère.
Agathe. J'ai vu un chien caniche (barbone) qui reconnaissait toutes les caries à jouer.
Valère. Je le crois bien: cette race de chiens est pleine d'intelligence. Ils apprennent (imparano) à danser, à faire la culbute (capiiomboli) , à jouer à toutes sortes de jeux. Ils servent leur maître comme le ferait un valet-de-chambre (canieriere). Un bon chien caniche est capable d'aller chez le boucher (macellaio) , chez le charcuitier (pizzicagnolo) , chez le boulanger (fornaio) , pour acheter (comprare) des provisions. Il ne touche point aux morceaux [pezzi) qu'on lui donne à garder tyadarc). Malheur (guai) aux autres chiens qui s'approcheraient de lui pour lui enlever ce qu'il tient à la gueule! Il montre les dents d'un air menaçant, et il s'apprête (si prépara) à se défendre avec un courage et une intrépidité à toute épreuve. Au reste, il est très reconnaissant pour celui qui l'ins-
trait (ammâestra). Il l'aime par-dessus tout. Il comprend ses moindres signes. On dirait qu'il sait lire dans les yeux de son maître, et deviner ce qu'il lui veut. Ce maître est-il absent pour quelques jours, le pauvre chien est triste et mélancolique; son maître revient-il au logis (a casa), l'accueil qu'il reçoit de l'excellente bête ne peut se décrire. Il fait cent folies (dà in mille frénésie). Il lui faut (ci vuole) des heures entières pour témoigner (sfogare) toute sa joie, et manifester (paksare) tous ses sentiments.
Ce n'est point là toutefois le seul avantage que nous tirons (si ricava daT) du chien. Le dogue (botolo) et le barbet [alano) gardent (custodiscono) nos maisons pendant la nuit. Le mâtin et le chien de berger (pastore) surveillent les troupeaux (la greggia), empêchent que les brebis ne s'écartent (allontanino), et savent même faire tête (fronte) aux loups. Le limier [bracco) a un odorat des plus fins: avec son nez il découvre le gibier [salvaggiume) partout où il s'est blotti (s'è appiattato). Le lévrier au contraire a peu d'odorat, mais en revanche (compense-) il a une vue perçante [acuta] . Son museau est alongé (affilato) , sa taille (la vila) svelte , ses pattes sont longues et décharnées. Il est très léger à la course, fait des bonds (salti) énormes, et surpasse en agilité le lièvre lui-même. Il est vrai qu'il ne sait courir qu'en plaine. Chez nous le basset est plus estimé que le lévrier. Son odorat est si fin, qu'il suit le gibier sur les hauteurs comme dans la plaine. Ses pattes courtes et fortes lui permettent de pénétrer dans l'herbe, dans les haies (siept), dans les broussailles (macchie). Il existe encore pour la chasse une autre espèce de chien qu'on appelle chien d'arrêt [da fermo). Son odorat est des plus fins. Dés qu'il sent une caille, une perdrix, un lièvre, etc. , il se met en arrêt, se couche , guette sa proie, agite la queue avec une joie ex-
trême [somma gioià) , comme pour avertir le chasseur qu'il a du gibier devant lui (a se).
Je n'en finirais pas si je voulais (se volessi) te décrire tous les services que peuvent rendre (recaré) les «hiens de chasse. Ces services sont aussi multipliés que ie sont les espèces de chien elles-mêmes.