INTRODUCTION. VII
ce long espace de temps , que la honte et le déboire de se sentir embarrassé à la première idée qu'il voudra émettre, vous n'aurez point établi de proportion entre la dépense et la recette intellectuelle, entre la peine et Le plaisir; vous n'aurez abouti qu'à décourager votre élève; et vous pouvez être certain qu'il s'empressera au premier jour d'abandonner la langue qu'il apprend, sous prétexte que c'est un idiome barbare.
Quel remède faut-il donc appliquer au mal?
Un remède fort simple.
Substituer à cette méthode surannée, décourageante, irrationnelle, contre nature, la méthode naturelle.
Comment l'enfant apprend-il sa langue maternelle?
Sa mère lui prononce d'abord les monosyllabes les plus faciles et à sons répétés: pa-pa, da-da; puis elle passe à des bisyllabes , mai-son , gâ-ieau; puis a des propositions simples: j'ai faim , j'ai envie de dormir. L'enfant prononce d'abord mal, puis mieux, puis bien. Son oreille, son œil, sa mémoire lui servent seuls de guide dans ce labyrinthe de sons. Un an ou dix-huit mois de patience de la part du maître, qui est la mère, de curiosité de la part de l'élève, qui est l'enfant, ont suffi pour apprendre à ce dernier tout ce qui est nécessaire pour vivre matériellement et intellectuellement.
Et cependant ce résultat a été obtenu avec un petit être dont la mémoire et l'intelligence ne font que poindre dans l'horizon de la vie.
Appliquons maintenant ce système à un enfant de six à dix ans, chez lequel ces deux facultés ont pris un grand développement , dont la langue s'est singuliè-