SCÈNE IV
ERNESTO, ARRIGHETTO, puis GIROLAMO.
Ernesto. Grand nigaud (minchione) ! Tu avais déjà
dérangé (sconcertato) tous mes projets en te décidant à
aller avec ton père. Tu ne pensais donc pas que si nous
tardons un peu, nous n'arriverons plus à temps?
Arrighetto. Tu as raison, je l'avais oublié.
Ernesto. Allons donc de suite au verger (orto). En revenant nous ferons un détour (giro) , et je te conduirai à notre maison de campagne. (Il prend Arrighetto par la main, mais au moment où ils sortent avec précipitation (furia), entre Girolamo.)
Girolamo. Où courez-vous donc ainsi, jeunes gens?
Ernesto. Eh bien ! où cela nous plaît.
Arrighetto. Non, Ernesto....
Girolamo. Ce n'est point ainsi qu'on répond à un homme....
Ernesto. C'est ainsi que. l'on répond à un ennuyeux [seccanté] comme toi.... (set). Viens, Arrighetto.
Girolamo. Monsieur le Comte sait-il que vous sortez ensemble?
. Arrighetto. Certainement, certainement qu'il le sait, Girolamo: il m'en a donné la permission.
Girolamo. Ah! c'est différent, n'en parlons plus, (Les enfants sortent.) Certes je ne l'aurais pas permis; car selon moi, monsieur Ernesto est un grand vaurien (monello), et puisque j'ai mon franc parler avec monsieur le Comte, je vais l'avertir de ne pas trop laisser ensemble ces deux jeunes gens (giovinetti) .