‹ Lectures instructives et amusantes a l'usage des écoles techniques d'Italie et des maisons d'éducation des deux sexesChapitre 56 sur 94 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

La Scène représente un petit verger entouré (circondato) d'une haie (siepe) , avec une chaumière (capanna) à droite. Au milieu , un grand pécher sur lequel sont grimpés (arrampicati) Arrighetto et Ernesto occupés à cueiller des fruits.

Arrighetto. Partons, en voilà assez de cueillies. Erneslo. Tu as raison, car il n'y en a [non ve m sono) plus de mûres: autrement je les voudrais toutes.

Arrighetto. Combien en as-tu mangées?

Ernesto. Quatre seulement.

Àrrighetto. Moi je n'en ai mangé que trois, et je n'en puis plus.

Ernesto. Regarde: j'ai fait de mon mouchoir (col fazzoletto) une espèce de petit sac qui en contient huit ; ensuite nous en mettrons chacun au moins une dans chaque poche (tasca), et par ce moyen nous en aurons une bonne provision pour plusieurs jours.

Arrighetto. Il me semble que (mi par dt) j'entends chanter de ce côté (parte) : mais oui, c'est une paysanne qui vient de la maison.

Ernesto. Sauve qui peut ! (Il jette à terre le mouchoir avec les pêches, saute en bas de l'arbre , et met le paquet (fagotto) sur ses épaules.)

Arrighetto. Fais donc doucement (piano) , je t'en supplie.

Ernesto. C'est que je suis leste (svello) et agile comme un chevreuil (capriolo). Va doucement si tu veux, monsieur le flegmatique! Moi je me charge du paquet; pour toi , reviens à la villa par le même chemin , et là nous partagerons le butin. (// escalade la haie, et s'enfuit.)

Arrighetto. Attends-moi.... viens m' aider.... Ah! enfin me voilà à terre. Ernest est parti comme le vent; et maintenant comment faire pour sauter tout seul pardessus la haie? Oh mon Dieu, voici des paysans qui viennent de ce côté.... Je n'aurai pas le temps de me sauver: cachons-nous (mi nascondcrô) derrière ce buisson (cespuglio).

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