‹ Lectures instructives et amusantes a l'usage des écoles techniques d'Italie et des maisons d'éducation des deux sexesChapitre 59 sur 94 · M. DELAUNAY, ADRIEN, PICARD · texte numérisé non relu

M. DELAUNAY, ADRIEN, PICARD

M. Delaumy. Tu sais, Adrien, que tu ne dois pas avoir de secrets pour ton père; ainsi je veux que tu me dises pourquoi tu pleurais.

Adrien. Papa, ce n'est rien , ça ne me fait plus mal.

M. Delaunay. Quelqu'un t'avait donc fait du mal? Je parierais [scommetterei) que c'est ton frère.

Picard. Vous gagneriez (Ella vincerebbe), Monsieur; c'est ce mauvais petit sujet (monello), qui a jeté par terre monsieur Adrien , parce qu'il ne se rangeait (metteva da parte) pas assez vite quand il voulait passer.

M. Delaunay. Toujours des mouvements brusques! Qu'il y prenne garde (badi) , je me fâcherai (adirero) ! (On entend un grand bruit (fracasso). Quel est ce bruit?

Picard (à part). C'est encore lui qui fait des siennes.

M. Delaunay. Picard, dis-lui de venir (chevenga).

Picard (appelant). M. Frédéric! M. Frédéric! (On entend Frédéric crier: On y va (vengo), on y va!)

M. Delaunay. Ah pourquoi ton frère ne te ressemble-t-il pas !

Adrien. Je ne suis pas si vif que lui , voilà tout. Je vous en prie, papa , ne le grondez (gridale) pas trop fort.

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Les mêmes, FRÉDÉRIC.

M. Delaunay. Me diras- tu, Frédéric, quel est le bruit que je viens (ora) d'entendre?

Frédéric. Je vous assure, papa, que... je ne sais pas....

M. Delaunay. Ah! tu ne sais pas... Picard, va voir tout de suite (subito) , et viens me rendre compte.

Frédéric. Eh bien ! papa , j'aime mieux tout vous avouer (confessare)... C'est votre cabaret de porcelaine qui m'a échappé des mains.

M. Delaunay. Et qui est brisé (rotto) en mille pièces?

Frédéric. En vérité, papa, ce n'est pas ma faute (colpa).

M. Delaunay. Oui, monsieur, c'est votre faute; vous avez la détestable habitude (brutto vizio) de toucher à tout. A quinze ans , n'avoir pas plus de (cosi poca) raison ! vous devriez être honteux (vergognarvenè).

Frédéric. Je vous promets, papa, de suivre à l'avenir vos conseils.

M. Delaunay. Nous verrons; en attendant, restez ici, et apprenez le premier chant de l'Art poétique de Boileau. Votre précepteur se plaint (lagna) beaucoup de votre paresse [pigrizia) ; tâchez (procurate) de le contenter, (il prend Adrien par la niain pour sortir avec lui.)

Frédéric. Est-ce que mon frère ne reste pas avec moi?

M. Delaunay. C'est inutile; Adrien a fait tous ses devoirs, il est juste qu'il s'amuse.

Frédéric. Comme vous voudrez, papa. Adieu, Adrien.

Adrien. Adieu, Frédéric. (Il l'embrasse et sort avec son père.)

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