‹ Lectures instructives et amusantes a l'usage des écoles techniques d'Italie et des maisons d'éducation des deux sexesChapitre 76 sur 94 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

LISETTE portant un panier rempli de légumes, puis NENCIO.

Lisette. Les enfants ne sont plus ici ! Ils seront rentrés sans doute. Après la réprimande (sgridata) que madame (lapadrona) leur a faite, il n'est pas possible qu'ils aient désobéi une seconde fois. — Dieu ! que je me trouve (sto) bien à la (in) campagne ! Ma foi (cospetto) , maintenant je suis tout-à-fait contente. Pour pouvoir m'habituer au service à la ville, il ne me fallait rien moins (non ci vo~ leva allro) que de tomber à (combinare) une maîtresse (padrona) bonne comme la mienne. Je me rappelle combien mon père m'a recommandée à elle. Oh! s'il vivait encore (tut' tora) mon pauvre vieux père, comme cela le rendrait heureux de voir combien ma maîtresse m'a prise en affection !

Nencio (sort de la villa et ferme (chiude) à clef). Bonsoir, Lisette.

Lisette. Bonsoir, Nencio. Tu as eu beaucoup à faire aujourd'hui, n'est-ce pas (non è vero)*!

Nencio. Dame (gua) oui; j'ai nettoyé tout le palais, car madame arrive demain ou après.

Lisette. C'est une dame riche que ta maîtresse, n'est-il pas vrai?

Nencio. Elle est riche, jeune et belle, mais fière (superba) y extravagante et folle (pazza) au point que personne ne peut la souffrir; aussi n'est-elle entourée que de sols (sciocchi), de flatteurs (adulatori) et de parasites.

Lisette. Tu me fais là vraiment un beau portrait (ritratto) de ta maîtresse (padrona) !

Nencio. Je ne suis pas le seul à (che) en parler ainsi. Demandez à tous les paysans, à tous les domestiques, et même à ces damoiseaux (damerini) qui lui disent des paroles mielleuses (melate). Personne au monde ne l'aime, ne l'estime. Et toi, es-tu contente de la tienne?

Lisette. Oh! ma maîtresse à moi est un ange. Elle m'a prise à son service à l'époque de son mariage, et elle m'a toujours traitée avec tant de bonté que je n'ai jamais eu le courage de la quitter (abbandonarla), bien qu'alors j'y sois entrée comme femme-de-chambre (camenera), et qu'aujourd'hui je sois obligée de tout faire.

Nencio. Tu as eu raison de ne pas l'abandonner. On a beau (hanno un bet) dire: c'est le miel qui attire les mouches; les maîtres sots (stoltî), extravagants et fiers (orgogliost) ne peuvent être ni aimés ni bien servis.

Lisette. C'est juste. Mais voici la nuit. Adieu, Nencio; il faut que je rentre pour allumer les bougies {accendere le candele).

Nencio. A revoir, Lisette.

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