X INTRODUCTION
Jusqu'ici tous, ou presque tous les livres français, servant en Italie à l'enseignement de notre langue , ont été faits en France et pour les Français. Histoires , recueils, chrestomathies, livres de lectures, tous sont remplis de matériaux français , tous respirent ce parfum d egoïsme national , nauséabond pour un étranger, même pour un Italien.
L'esprit de nationalité, comme l'esprit de famille, naît avec l'homme et meurt avec lui; il peut s'accroître par l'éducation , mais il ne diminue jamais.
Écoutez un enfant de dix ans, Italien ou Français, Allemand ou Russe; comme il vante, comme il défend déjà sa langue, ses mœurs, les coutumes de sa patrie! Il croit sincèrement, il répète à satiété qu'il n'y a de bien que ce qui vient de son pays, Tout ce qui sort d'un pays étranger passe sous le feu de sa critique, et quelquefois il est violent.
Cet esprit de partialité n'est que l'exagération du bon sentiment de nationalité que Dieu a mis dans le cœur de l'homme. L'âge, l'expérience, l'étude, surtout celle des langues, les voyages enGn, le modifient, le tempèrent, le rendent moins exclusif, mais ne l'altèrent jamais: il reste toujours au fond de lame une certaine dose de préférence, fort juste en soi, pour tout ce qui est national.
Or mettez entre les mains d'un jeune Italien imbu de ces sentimens, et si vous voulez môme, de ces préjugés, un livre qui ne traite presque exclusivement que des vertus, des conquêtes des Français , de la littérature et de l'industrie françaises, un livre dont chaque page soit l'apologie de tout ce qui vient de la France