INTRODUCTION. XI
(et c'est là le défaut des livres qui servent en Italie à l'enseignement de notre langue); vous blessez mortellement l'amour-propre national du jeune Italien: il concevra du dépit pour ce livre français, et par contre-coup pour la langue française. Cette prévention amènera tout naturellement l'ennui , le dégoût, et jusquà l'horreur pouf l'idiome qu'on veut lui faire apprendre.
Substituez maintenant à ce livre anti-national, un livre dans lequel on parle des vertus, des qualités, des scènes italiennes, de grands génies italiens, de l'histoire de l'Italie ; aussitôt la curiosité de l'enfant se réveille, l'amour de la patrie se réchauffe, il se met sérieusement à l'étude, il affronte les plus grandes difficultés, en un mot il apprend, il finit par savoir, ou du moins par chercher à retenir.
Telle est l'idée qui a présidé à ce petit ouvrage.
Toutefois, en ôtant à notre livre le cachet d'égoïsme national, nous n'avons pas voulu tomber dans l'exagération contraire, en ne donnant exclusivement que des scènes ou des traductions italiennes. Ce qui est exclusif est mesquin et n'a point de valeur; d'ailleurs il est bon d'habituer de bonne heure la jeunesse à un peu d'impartialité.
Nous avons donc fait, dès le premier volume de cet ouvrage, une petite excursion dans les littératures étrangères, quand l'originalité des morceaux promettait d'intéresser le lecteur.
Quant à l'emploi de ce petit livre, nous ne saurions trop recommander aux maîtres ou aux parens de se borner à faire traduire, lire et raconter le premier volume, jusqu'à ce que l'enfant soit en état de répondre à tou-