SCÈNE I
CLARICE et LE COMTE.
. Clarice. Ah! il n'y a plus de doute, mes enfants sont morts.
Le Comte. Ne vous affligez point ainsi, vous n'avez aucune raison de le croire.
Clarice. Que voulez-vous que j'imagine? Il n'y a pas (non v' è) une route que l'on n'ait (non sia stata) explorée, pas une maison de paysan où l'on n'ait fait des recherches. Nous avons troublé (disturbato) inutilement le sommeil de tous les voisins. Hélas [oimè) ! ce sera encore leur malheureuse curiosité , leur désobéissance qui les aura attirés vers le fossé où ils se seront noyés (annegati).
Le Comte. Après toutes vos recommandations il me semble impossible....
Clarice. Ni moi non plus (nepptir io) je ne les en aurais crus capables,... mais....
Le Comte. Bannissez un instant vos craintes (timori), et permettez-moi d'aller chez le bailli (sindaco) du voisinage. Il fait déjà grand jour; il y aura sans doute quelqu'un de levé. J'inviterai le bailli à faire les recherches les plus minutieuses.
Clarice. Oui, allons....
Le Comte. Non, restez, Madame. Vous avez passé la Huit dans l'agitation la plus violente, sans prendre la
moindre nourriture Icibo), le moindre repos; vous devez avoir besoin de l'un et de l'autre.
Clarice. Eh, monsieur le Comte, comment pourrais-je manger et dormir avant d'avoir retrouvé mes enfants? Ce serait (toccherebbe) plutôt à vous, qui avez passé la nuit par complaisance pour moi, d'aller vous reposer; je pourrai moi-même....
Le Comte. Que dites-vous donc (mat)? Si vos idées ne vous permettent pas de m'accepter pour époux , j'espère que vous ne refuserez pas du moins de m'accepter comme ami. Et quelle meilleure preuve pourrais-je vous donner de mon amitié, que de vous assister et de vous consoler dans votre malheur?
Clarice. Oh, digne ami î Je ne saurais refuser l'assistance que vous m'offrez de si bon cœur.