Voici la marque
FALSTAFF, au prince. Seize au moins, monseigneur.
GADSHILL. Et nous les avons garrottés.
PETO. Non, nous ne les avons pas garrottés.
FALSTAFF. Si, coquin, nous les avons garrottés, du pre-mier au dernier; sinon, je suis un juif, un juif hébreu !
GADSHILL. Et comme nous étions en train de partager, voilà six ou sept nouveaux venus qui fondent sur nous.
FALSTAFF. Et qui détachent les premiers; et alors arrivent les autres...
LE PRINCE. Comment! vous vous ètes battus avec tout ce monde?
FALSTAFF. Tout ce monde ! Je ne sais pas ce que vous appelez tout ce monde! Mais si je ne me suis pas battu contre cinquante, je suis une botte de radis! S'ils n'étaient pas cinquante-deux ou trois après le pauvre Jack, je ne suis pas une créature à deux jambes !
LE PRINCE. Je prie Dieu que vous n'en ayez pas tué quelqu'un.
FALSTAFF. Ma foi, il n'est plus temps de prier ; j'en ai poivré deux; il y en a deux à qui j'ai réglé leur compte, deux gredins en casaque de bougran. Écoute-moi bien, Hall, si je te dis un mensonge, crache-moi à la figure, et appelle-moi cheval. Tu connais ma vieille parade; je me suis posé comme ceci (il se met en garde), et j'ai tenu ma pointe comme cela. Quatre gredins en bougran fondent sur moi...
LE PRINCE. Comment, quatre! Tu disais deux tout à l'heure.
FALSTAFF. Quatre, Hal ; je t'ai dit quatre.
POINS, riant. Oui, oui, il a dit quatre.
FALSTAFF. Ces quatre-là arrivent de front et tous ensemble me chargent de toutes leurs forces. Je n'en fais ni une ni deux, et je reçois leurs sept pointes dans mon bouclier, comme ça.
LE PRINCE. Sept ? mais il n'y en avait que quatre tout à l'heure;