‹ Lectures littéraires. Pages choisies des grands écrivainsChapitre 32 sur 52 · Le soleil · texte numérisé non relu

Le soleil

-2. Une des raisons pour lesquelles Henri V avait entrepris la conquête de la France était son désir de mettre fin aux guerres civiles qui avaient ensanglanté l'Angleterre pendant le règne de son père.

3. C'est en déposant Richard II (déposition bientôt suivie du meurtre du roi) qu'Henri Bolingbroke était monté sur le trône en 1399, fondant la dynastie lancastrienne. fait enterrer de nouveau le corps de Richard, et j'ai versé sur lui plus de larmes de contrition que la violence n'en avait fait jaillir de gouttes de sang; j'entretiens toute l'année cinq cents pauvres qui deux fois par jour lèvent leurs mains ridées vers le ciel, pour expier le sang versé; et j'ai bâti deux chanteries où des prètres graves et solennels chantent perpétuellement pour l'âme de Richard. Je ferai davantage; mais tout ce que je puis faire est comme rien, puisque ma pénitence vient après tout cela implorer le pardon. (Entre Gloucester.)

GLOUCESTER. Mon suzerain !

LE ROI. La voix de mon frère Gloucester!... Oui, je sais ce que tu viens me dire; je vais aller avec toi; le jour, mes amis et toutes choses m'appellent. (Ils sortent.)

(BEAUCOUP DE BIIUIT POUR RIEN) Béatrice est élevée dans le palais du gouverneur de Mess ine son oncle, en étroite amitié avec la fille du gouverneur, sa cou-sine Héro. Moins en vue que Héro, moins tenue à la représen-tation et au décorum, elle a eu beau jeu pour affiler son regard et développer les ressources naturelles d'un esprit enjoué et ironique. Elle sent et raille le vide des conventions. Elle a vite mesuré les gentilshommes qui fréquentent le palais et reconnu leur ordinaire banalité. Un seul l'intéresse, car sous son bel esprit et sa suffisance elle devine une nature sœur de la sienne : celui-là au moins est original. Avec lui les plaisanteries de la jeune fille ne tombent pas à terre; elles rencontrent une raquette élastique qui les renvoie. C'est alors un jeu agile et pressé où la joie de vaincre est d'autant plus vive que la lutte a été plus chaude. Elle sait gré à l'adversaire des occasions de briller qu'il lui procure. Parfois, il est vrai, l'escarmouche devient si rude que les deux joueurs se font mal, se blessent et se quit-tent fâchés. L'attrait qu'elle ressent pour lui et qu'il éprouve pour elle se cache à tous les yeux, même aux leurs, sous les apparences d'un dédain sarcastique. Ils ne cessent de se cri-bler d'épigrammes dès qu'ils se voient. Mais, tout en paraissant le tourner en ridicule, Béatrice poursuit une active enquête sur le caractère et la vie de Bénédict. Est-il brave? Qui fré-quente-t-il? Au ton libertin de ses propos est-ce que correspond un même libertinage de vie?Ce bel esprit est-il au besoin capable (l'agir en homme de cœur? Elle le pique pour le pénétrer et pour le corriger le cingle. Grâce à une intrigue nouée par des amis clairvoyants, grâce surtout au sombre éclair d'une tra-gédie voisine leur révélant l'un à l'autre ces vertus secrètes que la pudeur de chacun voilait d'ironie, les amours tourmen-tées de Béatrice et de Bénédict finiront par arriver à bon port. Une escarmouche entre Béatrice et Bénédict.

(Le palais de Leonato, gouverneur de Messine. Un messager vient d'an-noncer l'heureuse conclusion de la guerre où se sont distingués Don Pedro, prince d'Aragon, et le seigneur Florentin Claudio.)

BÉATRICE, au messager. Dites-moi, je vous prie, est-ce que le signor Rodomonto est revenu de la guerre?

LE MESSAGER. Je ne connais personne de ce nom, madame; il n'y avait personne à l'armée qui s'appelât ainsi, nul homme de qualité.

LEONATO. De qui vous informez-vous ainsi, ma nièce ?

HERO, souriant. ,Ma cousine veut parler du signor Béné-dict de Padoue.

LE MESSAGER. Ôh! il est revenu, et d'aussi plaisante humeur que jamais.

BÉATRICE. Il avait affiché ici, à Messine, des placards où.Cupidon était défié à la flèche empennée; Qr, le bouffon de mon oncle, ayant lu le cartel, releva le gant pour Cupidon et le défia, lui, à la flèche émoussée... Je vous prie, combien d'hommes a-t-il tués et mangés dans cette guerre? dites, combien en a-t-il tué? car j'ai bel et bien promis de manger tout ce qu'il tuerait.

LEONATO. Vraiment, ma nièce, vous chargez trop le signor Bénédict... mais il saura vous répondre, je n'en fais aucun doute.

LE MESSAGER. Il a rendu des services sigillés dans cette guerre, madame.

BÉATRICE. Vous aviez des vivres moisis et il vous a aidés à les manger. Oh ! c'est le plus brave des écuyers ... tranchants ! il a le plus intrépide des estomacs !

LE MESSAGER. C'est aussi un bon soldat, madame.

BÉATRICE. Bon soldat auprès d'une dame, voulez-vous dire; mais que vaut-il auprès d'un homme?

LE MESSAGER. Auprès d'un homme c'est un homme, un vaillant parmi les plus vaillants. Toutes les vertus hono-rables entrent dans sa composition.

BÉATRICE. C'est la vérité; il n'y a pas d'homme de guerre de meilleure composition que lui ; grâce à cette composition là... Allons! nous sommes tous mortels.

LEONATO, au messager. Monsieur, ne méjugez pas ma nièce. Il y a une sorte de guerre pour rire entre le signor Bénédict et elle; jamais ils ne se rencontrent qu'il n'y ait entre eux une escarmouche d'esprit.

BEATRICE. Hélas! il n'y gagne rien. Dans notre dernier conflit quatre de ses cinq esprits 1 se sont sauvés tout éclopés, et maintenant l'homme entier n'en a plus qu'un pour se gouverner. Donc, s'il a encore assez d'es-prit pour savoir que le feu brûle, il ferait bien de le porter en écharpe afin de se distinguer de son cheval, car c'est tout ce qui lui reste au monde pour faire figure de créature raisonnable... Quel est aujourd'hui son compagnon? Il a tous les mois un nouveau frère à la vie et à la mort.

LE MESSAGER. Est-ce possible ?

BÉATRICE. Tout ce qu'il y a de plus possible. Sa fidé-lité suit la mode comme son chapeau ; elle va toujours se remettre sur la dernière forme.

LE MESSAGER. Je vois, madame, que ce gentilhomme n'est pas dans vos papiers.

BÉATRICE. Non; s'il y était, je brûlerais mon secrétaire. Mais, dites-moi, qui donc est son compagnon? N'y a-t-il pas, à l'heure qu'il est, quelque jeune fendant disposé à l'aire avec lui un voyage au pays du diable?

LE MESSAGER. Il est le plus souvent dans la compagnie du noble seigneur Claudio.

BÉATRICE. 0 Seigneur! il va se coller à lui comme une

1. La scolastique distinguait dans l'homme cinq esprits ou facultés intellectuelles correspondant aux cinq sens. maladie; on l'attrape plus vite que la peste et qui le prend devient fou sur-le-champ. Dieu assiste le noble Claudio! S'il a attrapé le Bénédict, il lui en coûtera bien mille livres avant d'ètre guéri.

LE MESSAGER. Je tâcherai d'ètre de vos amis, madame.

BÉATRICE. Tâchez, mon bon ami.

LEONATO. Pour vous, ma nièce, vous n'avez pas à craindre de devenir folle.

BÉATRICE. Non, pas avant que la canicule tombe en janvier.

LE MESSAGER. Voici Don Pedro qui s'approche.

(Entrent Don Pedro, Don Juan, frère bâtard de Don Pedro, Claudio et. Bénédict.)

DON PEDRO. Mon bon signor Leonato, vous allez au-devant de l'embarras. L'habitude du monde est de fuir la dépense, et vous courez à sa rencontre.

LEONATO. Jamais la peine n'est entrée dans ma maison sous la forme de Votre Grâce; car la peine partie, la joie devrait rester; au contraire, quand vous nous quittez, le chagrin demeure et le bonheur prend congé.

DON PEDRO. Vous acceptez votre fardeau de trop bonne grâce, (il se tourne vers Héro.) Je pense que c'est là votre nlle? Le bonheur soit avec vous, madame, car vous êtes l'image même d'un père honoré.

BÉNÉDICT. Le signor Leonato peut ètre son père et elle lui ressembler, mais je suis sûr qu'elle ne voudrait pas avoir la tète paternelle sur ses épaules pour tout Messine. (Don Pedro et Leonato s'écartent pour causer ensemble.)

BÉATRICE. Je me demande quand vous aurez fini de parler, signor Bénédict; personne ne vous écoute.

BÉNÉDICT (faisant semblant d'apercevoir Béatrice pour la première fois). Eh quoi! ma chère madame Dédain! vous êtes tou-jours de ce monde?

BÉATRICE (avec une révérence moqueuse). Se pourrait-il que le dédain quittât ce monde alors qu'il y trouve pâture aussi savoureuse que le signor Bénédict? Courtoisie elle-même se doit convertir en dédain si vous venez en sa pré-sence.

BKATR1CE ET BÉNÉDICT 1 4o

PAC,ES CifOr<;n> DE PHAKL'-PEAttE. 10

BENEDtCT. Alors Courtoisie excelle à tourner casaque. Mais il est certain que je suis aimé de toutes les dames, vous seule exceptée; et je voudrais de tout mon cœur que je n'eusse pas le cœur si dur, car, en vérité, je n'en aime aucune.

BLA'i'mcE. Grand bonheur pour les femmes elles seraient sans cela affligées d'un pernicieux prétendant. Je rends grâces au ciel et à la froideur de mon sang d'être de même humeur que vous en cela. J'aimerais mieux entendre mon chien japper après une corneille qu'un homme jurer qu'il m'aime.

BÉNÉDICT. Dieu vous conserve toujours en cette humeur De cette manière un gentilhomme ou un autre échap-pera à la fatalité d'un visage égratigné.

BÉATRICE. Les égratignures ne sauraient le rendre pire, si c'était un visage comme le vôtre.

BENEUtCT. Allons, vous faites une remarquable institu-trice pour perroquets.

BÉATRICE. Oiseau de mon ramage vaut mieux que hèle de votre langage.

BÉNÉDICT. Je voudrais que mon cheval eût la vitesse de votre langue et fût capable de tenir aussi longtemps. Mais allez votre train, au nom du ciel! moi. j'ai fini.

BÉATRICE. \ OUS finissez toujours par quelque ruade de haridelle, je vous connais de longue date. (Leonato et Don Pedro reviennent sur le devant de la scène.)

DON PEDRO. Voilà qui est entendu, Leonato. Signor Claudio et vous, signor Bénédict. mon cher ami Leo-nato nous invite tous. Je lui dis que nous resterons ici ilU moins un mois, et il souhaite cordialement que quelque occasion nous retienne plus longtemps; j'ose-rais jurer qu'il n'est pas hypocrite et que son souhait part du cœur.

LEONATO. VOUS pouvez le jurer, monseigneur, sans craindre de démenti.

Bénédict raille l'amour et le mariage.

(Même lieu. Bénédict et Claudio sont restés seuls.)

CLAUDIO. Bénédict, as-tu remarqué la fille du signer Leonato?

BÉNÉDICT. Je ne l'ai pas remarquée, mais je l'ai regardée.

CLAUDIO. N'est-ce pas une modeste jeune fille?

BÉNÉDICT. Me demandez-vous en honnête homme mon opinion simple et sincère, ou bien voulez-vous que je vous parle selon ma coutume, en tyran avéré du beau sexe? -,

CLAUDIO. Non, je t'en prie, dis-moi sérieusement cc que tu penses.

BÉNÉDICT. Eh bien! ma foi, je la trouve trop courte pour un long éloge, trop petite pour un grand éloge, et trop brune pour un éloge éclatant. Tout ce que je puis dire en sa laveur, c'est que si elle était autre qu'elle n'est, ce ne serait pas beau; et que, telle qu'elle est, elle ne me plaît pas.

CLAUDIO. Tu t'imagines que je veux rire; je t'en prie, dis-moi sincèrement comment tu la trouves.

BÉNÉDICT. Voulez-vous donc l'acheter que vous prenez tous ces renseignements sur elle?

CLAUDIO. Le monde entier pourrait-il acheter un tel joyau?

BÉNÉDICT. Oui bien, et encore un écrin pour l'y mettre. Mais parlez-vous sérieusement? ou n'êtes-vous qu'un de ces gouailleurs qui vantent Cupidon pour ses yeux de lynx et Vulcain pour ses talents de menuisier?... Voyons, en quelle clef chantez-vous pour qu'on vous accom-pagne?

CLAUDIO. A mes yeux, c'est la plus délicieuse jeune fille que j'aie jamais vue.

BÉNÉDICT. J'y vois encore sans lunettes et pourtant je ne vois rien de pareil. Il y a sa cousine, si elle n'était pas possédée d'une furie, qui l'emporte sur elle en beauté autant que le premier jour de mai sur le der-nier jour de décembre... Mais j'espère que vous n'avez pas l'intention de vous transformer en mari, n'est-ce pas ?

CLAUDIO. Je ne répondrais pas de moi, malgré tous les serments contraires, si Héro voulait ètre ma femme.

BÉNÉDICT. Les choses en sont-elles là? Ne pourrai-je jamais voir un célibataire atteindre la soixantaine?... Après tout, c'est ton affaire : si tu veux absolument mettre le cou sous le joug, portes-en l'empreinte et passe tes dimanches dans les soupirs... Mais voici Don Pedro qui revient nous chercher. (Entre Don Pedro.)

DON PEDRO. Quelle affaire secrète vous a retenus ici au lieu de nous suivre chez Leonato ?

BÉNÉDICT. Je voudrais que Votre Grâce m'enjoignit de le dire.

DON PEDRO. Je t'en somme par ton serment d'allé-geance.

BÉNÉDICT. Vous entendez, comte Claudio. Je puis ètre aussi discret qu'un muet, je tiens à ce que vous en soyez convaincu; mais, par mon serment d'allégeance! vous entendez, mon serment d'allégeance! (A Don Pedro.) Il est amoureux. — De qui? (C'est Votre Grâce qui parle ici.) — Remarquez comme sa réponse est courte : de Héro, la courte fille de Leonato.

CLAUDIO. S'il en était ainsi, la chose serait bel et bien dite.

BÉNÉDICT, il Don Pedro. Comme dans la vieille histoire, monseigneur : Il n'en est pas ainsi; il n'en fut jamais ainsi ; Dieu fasse qu'il n'en soit jamais ainsi !

CLAUDIO. A moins que mes sentiments ne changent d'ici peu, Dieu fasse qu'il en soit ce qu'il en est !

DON PEDRO. Amen! si vous l'aimez, car cette jeune fille en est tout à fait digne.

CLAUDIO. Vous dites cela pour m'amorcer, monseigneur. i48 PAGES CHOISIES DE SHAKESPEARE

DON PEDRO. Sur ma conscience, je dis ma pensée.

CLAUDIO. Et moi, sur mon âme, j'ai dit la mienne.

BÉNÉDICT. Et moi, en mon âme et conscience réunies, j'ai dit la mienne, monseigneur.

CLAUDIO. Je l'aime, je le sens.

DON PEDRO. Elle en est digne, je le sais.

BÉNÉDICT. Comment on peut l'aimer, je ne le sens pas, et en quoi elle en est digne, je n'en sais rien : voilà l'opinion que le feu mème ne pourrait faire fondre en moi; je monterais pour cette opinion-là sur le bûcher.

DON PEDRO. Tu as toujours été un hérétique obstiné dans la haine de la beauté.

CLAUDIO. Et il ne pourrait jamais soutenir son rôle sans la force de son obstination.

BÉNÉDICT. Une femme m'a conçu et je l'en remercie; une femme m'a élevé, et je lui en offre mes très humbles remerciements... Or, comme je ne veux faire à aucune femme l'injustice de me défier d'elle, je me ferai à moi-même la justice de ne me fier à aucune; et, à la fin des fins (qui est en même temps le fin du fin) je vivrai garçon.

DON PEDRO. Je te verrai, avant que je meure, tout pâle d'amour.

BÉNÉDICT. De colère, de maladie, ou de faim, monsei gneur, mais pas d'amour. Si jamais vous avez la preuve que je perds plus de sang par amour que je n'en puis regagner en vidant mon verre, crevez-moi les yeux avec là plume d'un faiseur de romances, et accrochez-moi devant la porte d'un bouge pour servir d'enseigne : A Cupidon aveugle.

DON PEDRO.-Allons! si jamais tu violes cette profession de foi, tu fourniras un joli sujet de rire.

BÉNÉDICT. Si cela m'arrive, suspendez-moi dans une bouteille comme un chat, et tirez sur moi; et celui qui m'attrapera, qu'on lui frappe sur l'épaule en le procla-mant roi des tireurs.

DON PEDRO. Allon&! tout vient à son temps; avec le temps,

Il n'est taureau si fier qui ne porté le joug.

BÉNÉDICT. Possible d'un taureau; mais si jamais Béné-dict l'avisé en vient à le porter, qu'on barbouille de moi un affreux portrait et qu'avec les mèmes grandes lettres dont on écrit : G: Ici bon cheval à louer », qu'on inscrive au-dessus : « Ici on peut voir Bénédict, l'homme marié. »

DON PEDRO. Si Cupidon n'a pas vidé tout son carquois à Venise, on te verra trembler d'ici peu.

BÉNÉDICT. Prédit-on un tremblement de terre dans l'almanach?

DON PEDRO. Bon, qui vivra verra.

Béatrice raille le mariage.

(Une salle chez Lconato. Entrent Leonato, son frère Antonio, Héro, Béatrice et quelques invités. Tous sont en costume de bal.)

LEONATO. Est-ce que le comte Juan 1 n'était pas au souper?

ANTONIO. Je ne l'y ai pas vu.

BÉATRICE. Quelle physionomie aigre a ce gentilhomme ! Je ne puis pas le voir sans éprouver pendant toute une heure des aigreurs d'estomac.

HÉRO. Il est d'humeur très mélancolique.

BÉATRICE. Un homme serait parfait, qui tiendrait le juste milieu entre lui et Bénédict. L'un ressemble trop à une image et ne dit rien; l'autre est trop semblable au fils aîné de madame la comtesse, toujours à jaboter.

LEONAIfO. Alors la moitié de la langue du signor Béné-dict dans la bouche du comte Juan, et la moitié de la mélancolie du comte Juan sur la face du signor Bénédict...

BÉATRICE. Avec belle jambe et bon pied, mon oncle, et pas mal d'argent dans sa bourse, un homme comme cela ferait la conquète de n'importe quelle femme... s'il pouvait s'assurer ses bonnes grâcès.

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