‹ Lectures littéraires. Pages choisies des grands écrivainsChapitre 6 sur 52 · INTRODUCTION XXXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXI

PAGES CHOISIES DE SHAKESPEARE. C de son génie et qu'il faut bien faire remonter à leur auteur. Son œuvre n'est jamais tout à fait circonscrite dans le pré-sent ni ravalée à la terre. La pensée de la mort et de l'au-delà y pénètre de partout et l'enveloppe. Les êtres que le poète dote d'une vie si-intense ont presque tous le sen-timent de l'éphémère. Le pensif Hamlet a le constant frisson de l'inconnu : « Il est plus de choses au ciel et sur la terre, Horatio,. qu'il n'en est rêvé par notre philosophie. » Pour Macbeth meurtrier « la vie n'est qu'une ombre errante; c'est un pauvre acteur qui se pavane et s'agite une heure sur la scène, et puis qu'on n'entend plus : c'est un récit fait par un idiot, plein de bruit et de f'ureW, qui ne signifie rien ». Pour l'enchanteur Prospero « nous sommes de la même étoffe dont sont faits les rêves et notre petite vie est blottie au sein du sommeil ». On peut prendre cette parole du magicien, si mélancoliquement douce, bonne berceuse de l'éternelle inquiétude, pour le dernier mot de la « phi-losophie » de Shakespeare.

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