‹ Lectures littérairesChapitre 11 sur 108 · NOTICE SUR CHATEAUBRIAND MX · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CHATEAUBRIAND MX

Qette fois, la carrière de l'écrivain s'ouvrait toute ofrande devant lui.

Son Essai sur les révolutions anciennes et modernes^ en effet, navait eu vraiment de siicrt-s (|ue « dans l'émigration ». Il lui fallait se créer d'autres titres à rattenfioïïTl'un public français. h'Essai d'ailleurs, toute question religieuse mise à part, reposait sur une idée qui n'était ni juste ni féconde. Chateaubriand y prétendait démontrer que « la majorité des choses qu'on voulait faire passer pour nouvelles dans la Révolution française se trouve presque à la lettre dans l'histoire des Grecs d'autrefois ». De là une course désordonnée à travers les siècles et les peuples, amenant toutes sortes de rapprochements hasardeux. Ici c'est Sparte et les Jacobins; là Hérodote et les Mémoires de Dumouriez. Marathon devient l'ancêtre de Jemmapes, et Salamine a pour pendant la bataille de Maubeuge. Ailleurs c'est un parallèle entre Denys à Corinlhe et les Bourbons en exil, ou encore entre le Mahaharata et la Messlade. Ce livre est \\n véritable chaos, mais un chaos traversé d'éclairs. Si Chateaubriand y a surtout versé pêle-mêle ses lectures, il y a aussi déposé quelcjucs idées qui, étouffées là par la stérilité du terrain, germeront ailleurs, transplantées. On lui empruntera, et il s'empruntera aussi lui-même; car nul auteur n'a u profité » de soi autant que Chateaubriand. N'est-ce pas à certain chapitre intitulé « Tableau de l'Allemagne à l'époque de la Révolution française », que M'"*^ de Staël a pu devoir l'idée de son célèbre livre? En tout cas, la première étude faite en France sur Klopstock, aussi bien que sur Milton, doit être mise à l'actif de Chateaubriand; et il était impossible qu'une telle curiosité n'engendrât pas de

Page 1