X\ NOTICE SUR CJIATEAUI5H1AND
i^raiules nouveautt's littéraires. Enfin le style de r^s5rt<, exHl)érant et prolixe, mais déjà revêtu d'originale magnificence, laissait éclater çà et là le vrai Chateaubriand. A ce point que l'auteur en a pris certaines pages pour les transporter, avec les seules retouches d'un art plus sûr, en belle place dans le Génie.
IL-ir-ava illait au Génie depuis 1799 jet— en ayait même commencéJLimpres&ion. Mais ce n'est pas cet ouvrage qu'il donna d'abord. Avec cet admirable instinct d'artiste qu'il sut toujours mettre au service de son talent, il voulut sonder les dispositions de son public. A Londres, jta^:aiLdaQg ses cartons, ou pour mieux dire dans une pauvre malle, un énorme manuscrit de deux mille trois cent quatre-vingts pages, véritable ramas incohérent et génial, image de ces forets vierges de FAmérique d'où il l'avait en^rande partie rapporté. Avant de passer en France, il en détacha deux épisodes. 11 laissa le reste en dépôt en Angleterre; et, quand il songea à reprendre beaucoup plus tard ce dépôt, qui par bonheur se trouva intact, iHira de là les Nafchrz comme en 1801 iL^n avait, tiré Atala^ et quchiiics années plus lard René.
C'est cette Atala, cette u fille chérie » qui avait tant de lois consolé son père dans le silence du bivouac ou dans la tristesse de Holborn, qu'il offrit d'abord aux lecteurs du Mercure. Le succès fut prodigieux. Rayé de la liste des émigrés, redevenu « Chateaubriand » par la A^ertu de son génie, poussé au premier plan par Fontanes qui l'introduisit chez Lucien Bonaparte, flatté des hommes et courtisé des femmes, l'auteur devint tout d'un coup le dieu du jour. Une seule renonniiée pouvait soutenir sans pâlir l'éclat de la sienne. Bonaparte était alors l'homme de Marengo. Il souriait à cet astre naissant^ dont il espérait faire son plus glorieux satellite. Cette amitié d'ostentation devait bientôt trébucher