‹ Lectures littérairesChapitre 13 sur 108 · NOTICE SUR CHATEAUBRIAND XXI · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CHATEAUBRIAND XXI

dans le fossé de Vincennes. En attendant, ces deux gloires s'admiraient sans se jalouser.

Quelles nouveautés distinguaient donc cet épisode ^AtaLa^ou les Amoms^d^-dins c saiiraffps dam le jfrsnrf, tient à la fm'^ du récit t^t-diL-po^mp. a Je ne sais, disait l'auteur, si le public goûtera cette histoire, qui sort de toutes les routes connues et qui >résente une nature et des mœurs toujjijait étran- ;^ères à__rEurope. H^'v a point. d^ai:ÊnLuiie— d*ns /^Tïï/g. Cest une sorte de p o£me moitié descriptif, moitié dramatique : tout consiste dans la })einfure î"3e deux amanis qui niarchrut d •■;iii-ciiL dan- la ^litude^.et dans le tableau des lionljlf- d»* laraaur au milieu du calme des déserts. .Ini essaye de donner à cet ouvrage les formes les plus antiques; il est divisé en prologue, récit et épilogue, »>

Dans ces lignes, Chateaubriand faisait un peu troj) abstraction de Bernardin de Saint-Pierre qui est bien son devancier pour avoir aussi présenté <• une nature et des mœurs tout à fait étrangères à l'Europe ». Mais il jugeait bien de son œuvre. L'éloquence muette de la solitude, la tendresse passionnée qui couve dans tout le récit, la -complicité dp ccs ca1mps déserts qui ouvrent nu\ << I roubles de ■i'amour » leur pers pertive ind^^Hni^ tout ^jusqu'à ce christianisme chaleureux du père Aubry qiii„est aussi une passion, tout dans cette petite œuvre devait ébranler la sensibilité et frapper les imaginations au sortir d'un siècle de sécheresse. Enfin la forme artistique du sujet, cette disposition de rapsodie antique appliquée à des peintures nouvelles, fit iïAtala une production d'un genre inconnu. L'école classique était déroutée. « Était-ce Gorgone ou Vénus? Fallait-il parler de ses monstruosités, ou de ses beautés? » Le public se partagea, mais très inégalement : <f le vieux siècle la repoussa, le nouveau l'accueillit. »

Wil NOTICE SIR CIIATEAUimiAM)

René, qui fit au début moins de bruit peut-être, eut une fortune plus étrange encore. Oui croirait, si les textes n'étaient là, que ces pages furent écrites dans un but édifiant, et ([u'elles devaient faire le plus bel argument du Génie du Christianisme'^ Cha- . teaubriand voulaitjiiontrer le danger que Ton court orTT^i v^r^ \^T^\x vagu'e^des passion< »;~êt il jgdi4^ ([uait ifîLjlÊniMa,— à savoir la religion chrétienne. Pourquoi faut-il que la maladie ait été décrite avec tant d'amour que nul malade n'en ait voulu guérir, et que les sains voulurent être malades? Ce surcroît de succès, dont Chateaubriand se fût volontiers passé, le dépita. « Si René n'existait pas, je ne l'écrirais plus; s'il m'était possible de le détruire, je le détruirais. Une famille de René poètes et de René prosateurs a pullulé; on n'a plus entendu que des phrases lamentables et décousues; il n'a plus été question (pie de vents et d'orages, que de mots inconnus livrés aux orages et à la nuit '... » Malgré toute sa colère, Chateaubriand enregistre avec soin que « René a déterminé un des caractères de la littérature moderne », et cet aveu ne semble pas inspiré par la contrition. Pourquoi au reste se fût-il repenti de son génie? René a imprimé aux sentiments un branle qui dure encore. L'infirmité d'un homme est devenue celle d'une génération et les générations suivantes l'ont héritée. Le mal de Chateaubriand (car René, c'est lui) est devenu le mal du siècle. Cela seul suffirait à sa gloire littéraire, sinon peut-être à notre admiration.

Le GénJ£^djiJC]Mil&t'Lamsm£QS^^mk^ plus sérieux à notre reconnaissance. Avec lui (1802), le siècle^ nouveau reçoit son baptême, et un traité d'alliance se signe entre la religion et la société française.

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