‹ Lectures littérairesChapitre 14 sur 108 · NOTICE SUR CHATEAUBRIAND XXIII · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CHATEAUBRIAND XXIII

La paix crAmiens, le Concordat, Bonaparte à Notre-Dame,' le Génie du Christianisme annoncé comme à son de trompe dans le Moniteur par ordre du Premier Consul, voilà de quels multiples coups de théâtre fut marqué le jour de Pâques 18 avril 1802, précurseur d'une ère nouvelle.

Chateaubriand explique à merveille dans quelles circonstances il tenta cette apologie littéraire de la religion. Nul mieux que lui n'en a senti, après coup, le fort et le faible. « En supposant, écrit-il en^ig3"r que l'opinion religieuse existât telle qu'elle est à \ l'heure où i^£r[s rnain tenant, le Génie du Christia Vm^/7ze élant encore à fafre, je le composerais tout * différemment. Au lieu de rappeler les bienfaits et les institutions de notre religion au passé, Jejeraisjvoir quejechristianisme est la pensée d^l'avenir et de la iiberté2îîmâmè7^quÊj:^te pensée rédenrptrlce-e^Uk seul fondement de L'égalité sociale; (firolle sej^leJa. peut ('lablir, parce qu'elle place aiipio de (•etie éga- I lité la nécessité du de^jD-ii•^ correctif et régulateur i^e l'instirict démocralicpie^, ie ferais^ voir que partou^où le christianisme, a— 4ami-pu^^ ij a£hfliW^ , l'idée, il a rec t ifî é Jes n o t ion s d u justeet de Finjuste, substitué l'affirmation au doute, em^brasséilhiuiianité entière dans ses doct^^rinesjî^^espréceptes..^e christianisme agit avec lenteur parce^qu'il agit partout; il travaille sur la société généralfî.

<( Reste à savoir si, à. l'époque de l'apparition de ce livre, un autre Génie du Christianisme^ élevé sur le nouveau plan dont j'indique à peine le tracé, aurait obteïîu le même succès. En 1802, lorsqu'on n'accordait rien à l'ancienne religion, qu'elle était l'objet du dédain, que l'on ne savait pas le premier mot de la question, aurait-on été bien venu à parler de la liberté future descendant du Calvaire, quand on était encore meurtri des excès de la liberté des

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