‹ Lectures littérairesChapitre 15 sur 108 · XXIV NOTICE SUR CIIATEAUBIUAND · texte numérisé non relu

XXIV NOTICE SUR CIIATEAUBIUAND

passions? Il était pcul-étre utile cVoxciter les regrets, (Tintéresser rimaginaiion à une cause si méconnue, d'attirer les regards sur l'objet méprisé, de le rendre aimable avant de montrer combien il était sérieux, puissant et salutaire.

(( Maintenant, dans la supposition que mon nom laisse quelque trace, je le devrai au Génie du Christianisme : sans illusion sur la valeur intrinsèque de Touvrage, je lui reconnais une valeur accidentelle; il est venu juste et à son moment *. »

Cette page, une des plus modestes de Chateaubriand, est par là même une des plus vraies qu'il ait écrites sur lui-même. Oui, les lacunes sautent aux yeux aujourd'hui dans cette œuvre qui délia en quelque sorte la langue aux générations nouvelles. Oublier de montrer combien le Christianisme était « sérieux, puissant et salutaire », n'est-ce pas une fâcheuse omission? Se complaire dans la description des « charmes » de la religion, de sa « poésie », n'était-ce pas la traiter comme un paganisme plus sentimental? One vient faire l'esthétique dans la question du salut? Pardonnera-t-on à certaines explications en raison de leur grâce enfantine ? Que penser de celle-ci par exemple : « Puisqu'il faut tôt ou tard sortir de la vie, la Providence a mis au-delà du terme un charme qui nous attire, afin de diminuer nos terreurs du tombeau : quand une mère veut faire franchir une barrière à son enfant^ elle lui tend de Vautre côté un objet agréable pour Vengager à passer »?

Ainsi a procédé Chateaubriand pour faire passer les contemporains « de l'autre côté de la barrière », et son bonheur veut qu'il ait réussi. Le voilà du môme coup justifié. Et puisqu'il a parlé de la

i. Mém. d'out7'e-to))ibp. II. 271-273.

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