‹ Lectures littérairesChapitre 16 sur 108 · NOTICE SUR CHATEAUBRIAND NXV · texte numérisé non relu

NOTICE SUR CHATEAUBRIAND NXV

« valeur accidentelle » du Génie, n'hésitons pas à dire que celte valeur est très considérable.

Non seulement en etTet il a ressaisi tout un admirable héritage d'idées et de sentiments qui s'allait perdant tous les jours davantage; non seulement il a revendiqué les droits de la conscience et de l'âme en face de ceux de la raison; mais encore l'étude des classiques chrétiens l'a conduit à une découverte capitale en littérature, à savoir que l'homme moderne ne sentait pas comme le païen, car « le rhristianisme a changé les rapports des passions en changeant les bases du vice et de la vertu ». Du coup, le moule de la vieille critique littéraire craquait de toutes parts; et l'examen des sentiments, substitué à celui des formes, allait ouvrir à l'analyste un monde nouveau d'observations morales. Ici encore, Chateaubriand trouvait un succès par surrroît; mais celui-ci est d'un aloi si noble, qu'il suflirait à faire vivre Chateaubriand comme critique, si comme hiérophante du christianisme il était par hasard destiné à mourir.

Dès lors, la littérature « se teignit des couleurs du Génie du Christianisme ». En même temps, comme à point nommé, disparaissait avec La Harpe la critique du xviip siècle. Celui-ci mourut le 11 février 1803. Fontanes l'enterra.

Cependant Bonajwt.e-^ grand découvreur d'homjïies » ,^entre|DTit^'at ta^lier^ate^ tique. Un^oyje arnBassadeur 1 Voilà bien une pensée d" M idéologue » ; or idéologues ils l'étaient tous deux, chacun à sa manière, le soldat Bonaparlô et l'écrivain Ckateaubriand. Ces deux rêveurs de Faction sVttirèrent ti)ujours dans la paix, et continuèrent à se fasciner dans la guerre. Encore ne peut-on dire que jamais Napoléon ait « haï » Chateaubriand. Il lui en voulut seulement, chose assez naturelle.

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