‹ Lectures littérairesChapitre 19 sur 108 · XXVIII NOTICE SUR CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

XXVIII NOTICE SUR CHATEAUBRIAND

de la Vallée-aiix-Loups. EUe s'élend cles J/oH^rs aux premiers livres àosMémoires d'ouh^e-tombe.

Les Martyrs, le Dernier Abencérage et les Natchez représentent comme les trois manières de Château- . briand dans le poème en prose. Mais les Natche^s] quoique parus en dernier lieu (1826), avaient étC^ écrits treize ans avant les Martyrs. Ils appartiennent donc à la période de la formation.

Écartons la question du « poème en prose » considérée en elle-même; voyons l'œuvre à^ 3iTi.LeiNatchez sont une très belle ébauche, dont la conception n'est pas d'une imagination ordinaire. La lulLe jiiu^^i-mitif contre le civilisé, les mœurs et la religion du sauvage élevées à la hauteur de l'épopée, Tâme tourmentée de l'Européen introduite au foyer indien et le troublant de ses passions inexpliquées, c'était là une conception de grand poète. De majestueux tableaux en sortirent, un pittoresque frais et nouveau, des scènes «saisissantes ou attendrissantes. Mais, outre un défaut général de diffusion et de luxuriance, la poétique du genre nouveau péchait tantôt par la répétition des procédés, tantôt par la puérilité des détails. La monotonie de certains artifices à la Delille révélait le voisinage d'une écCole de rhétorique vip'Hi'-^sante; les transpositions d'Homère y étaient appliquées avec une rigueur qui sentait Técolier; enfin des invraisemblances d'agencement pouvaient paraître, comme le fameux souper de Chactas chez Ninon, friser le ridicule. Le style seul, ce style magique qui coule à pleins bords comme les fleuves du Nouveau-Monde, avait toutes les qualités d'un style de génie : il ne lui manquait que la sobriété.

Mieux équilibré dans son tout, plus juste et calculé dans ses diverses parties (quoique encore assez conventionnel, sinon anti-historique), le poème des J/a'//?/?'S (4809) nous montre l'auteur en pleine pos-

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