‹ Lectures littérairesChapitre 22 sur 108 · Mot de Josepli de Maistre · texte numérisé non relu

Mot de Josepli de Maistre

W.Xll NOTICE SUR CHATEAUBRIAND

lulion clans les lettres, et de même dans la politique j'ai formulé les principes du gouvernement représentatif; mes correspondances diplomatiques valent, je crois, mes compositions littéraires. Il est possible que les unes et les autres ne valent rien ; mais il est sûr qu'elles sont équipollentes ^ » Quant à son rôle d'homme de gouvernement, voici comment il le voyait : « Le ciel semblait m'a voir jeté sur les épaules la casaque de héraut de la légitimité. » Voilà pour 1814. Voici pour son entrée au ministère : « J'étais l'homme de la Restauration possible, de la Restauralion avec toutes sortes de libertés. Cette Restauration ma pris pour un ennemi, elle s'est perdue. » Enfin, après reflbndrement de 1830 : u Je lam'ente les adversités de la race de saint Louis. J'ai toujours été dévot à la mort, et je suis le convoi de la monarchie comme le chien du pauvre. »

Cette dernière parole est, par malheur, seule rigoureusement vraie. Il a eu envers la monarchie morte une constante fidélité d'outre-tombe. De son vivant, il est encore certain qu'il a toujours voulu la servir. Mais ses moyens furent inégaux, comme son humeur. Et, s'il est véritable qu'il ait eu à se plaindre de l'abandon insolent qu'on fit de sa personne en 1824, il nest pas niable qu'il ne s'en soit cruellement vengé, par upede ces volte-face que l'amour du libéralisme ne suffît pas à expliquer. Il est, certes, excessif de dire que Chateaubriand a plus que personne contribué à ébranler le trône : le trône, vermoulu, se serait passé de Chateaubriand pour tomber. Mais il y a, malgré tout, quelque difficulté à mettre Chateaubriand d'accord avec luimême . Un caractère fantasque, peu en rapport avec une hauteur de vues qui demanderait de l'éga-

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