PREMIERE PARTIE
ChateaiLbriand sous-lieutenant.
Départ pour l'Amérique.
Destiné paiLJiiou père à jajnaiùne, CLLpai\nia mère à l'état ecclésiastique, ayant choisi moi-même le service de terre, j'avais été présenté à Louis XVI : afin de jouir des honneurs.de la cour et de monter dans les carrosses, pour parler le langage du temps, il fallait au moins le rang de capitaine de cavalerie : j'étais ainsi rnpitjji!].^llf.-iia-Vr^^f'>''^ ^^^ '^^'^'^'^ "^ mnr-.ljpntpnant H'infanterie de fsrit dans le régiment de Navarre. Les soldats de ce régiment, dont le marquis de Mortemart était colonel, s'étant insurgés comme les autres, je me trouvai dégagé de tout lien vers la fin de 1790. Quand je ç{ujltai-4a France, -au commcncemont do l-I91^__Ia Révjolutii^n marchait à gmnd-^-pag : lesj»rinçipÊS sur lesquels elle se fondait étaient les jnienSj mais,4.e
dé te^^tais^les violences qui l'avaient déjà déshonorée : c'était avec joie que j'allais chercher une indépendance plus conforme à mes goûts, plus sympathique à mon caractère.
A cettej2]^me épQ£|ii£Je-ixLmivement-de- rémig-mtinn s accroissait ; mais comme on ne se battait pas, aucun sentiment d'honneur ne me forçait, contre le penchant de ma raison, à me jeter dans la folie de Coblentz. Une iiinio^niiUonplu s raisonnable se dirigeait vers les rives de rOhio ; une terre de liberfe~o^rrrait son asile à ceiîx qui fuyaient la liberté de leur patrie, l^n nejjrrmvo; mieux le haut prix des institutions généreuses quej^et "SxîT^ olontaire des partisaxLS, duj30uvoii:absoiu^ daji^ un nïôiïde républic^ni.
Au printemps de J-I91 je^dis adieu à ma respectable et digne mère, eJLj^- m'emh.arquai à Saint-Malo : je portais au général \Yashington une lettre de recommandation du marquis de La Rouairie. Celui-ci avait fait la guerre de l'Indépendance en Amérique; il ne tarda pas à devenir célèbre en France par la conspiration royaliste à laquelle il donna son nom. J'avais pour compagnons de voyage de jeunes séminaristes de Saint-Sulpicej que leur supérieur, homme de mérite, conduisait àBaltimore^JimiS-mîmesAla voile : au bout de c|uarante-huit heures nous perdîmes la terre de vue. et nous entr-âm#s4*iisJlAtlaiilique^, -
Me trouver au milieu de la mer, c'était n'avoir pas c|uitté ma patrie; c'était, pour ainsi dire, être porté par ma nourrice, par la confidente de mes premiers plaisirs. C'est à moi que s'appliquent les vers de Lucrèce :
Tum porro puer ut sanis projeclus ab undis Navita 1
Le ciel voulut placer dans mon berceau une image de mes destinées.