‹ Lectures littérairesChapitre 7 sur 108 · MV NOTICE SUR CHATEAUBRIAND · texte numérisé non relu

MV NOTICE SUR CHATEAUBRIAND

Une ». Il se rejetait avec acharnement sur rétude. Il <'iit alors une « rage de grec ». Il traduisait VOdi/ssée et la Cyropédie jusqu'à deux heures du matin, entremêlant ce travail d'études historiques. Cela le soutint quckiue temps. Mais le fantôme auquel il rap- [)orlait tout, la gloire, ne venait pas le chercher. Il voulut aller à lui. D'ailleurs, Paris, après le dégoût, lui offrait par surcroît le danger. Une aventure loinlaine le tenta. Au foyer de Malesherbes, de « ce grand homme qui serait demeuré caché dans ses mérites si le malheur ne Feût décelé à la terre », on s'intéressait aux voyages, on suivait sur la carte les lentatives des explorateurs. Chateaubriand conçut le projet de passer aux États-Unis, pour découvrir le passage N.-O. de rAmérique. L'entreprise offrait plus d'un mirage à son génie sans emploi. Muni de livres et de lettres, sans oublier une bonne provision de papier blanc, il partit, en janvier 1791. Sa vocation de voyageur commençait.

Â^ôrcT, il s'enchanta de rêves. Suspendu entre mer et ciel, il goûta la poésie de ces deux infinis, tandis que ses livres l'entretenaient des hardis pionniers dont il allait continuer la gloire. Aux Açores, à l'île Saint-Pierre, où il toucha, il promena sur une nature presque vierge le frais regard de ses vingtdeux ans. Le spectateur commence à poindre chez lui. Il rase les côtes de la Virginie, débarque à Baltimore, se dirige vers Philadelphie. Là il voit Washington, déjeune avec lui, est frappé de sa simplicité toute républicaine. A New-York, où il se .rend ensuite, le nouveau Mackensie est médiocrement encouragé. Ses ressources sont d'ailleurs faibles. L'intérêt scientifique de son voyage pâlit à ses yeux à mesure <[ue l'intérêt pittoresque augmente. Il renonce aux glaces du pôle et s'enfonce dans les forêts du Nouveau-Monde.

Page 1