NOTICE SUR CHATEAUBRIAND W
Il y trouve dabord ce qu'il naltendail pas. La première fois qu'il rencontre des IncLLens. ceux-ci dansaient Madelon Friquet au son d'un petit violon dont raclait un Français poudré, frisé, en veste de droguet, jabot et manchettes de mousseline. « N'était-ce pas chose accablante pour un disciple de Rousseau que cette iiitrodiicti on à la vie sauvage par un bal que l'ancien marmiton du général Rochambeau donnait à des Irocfuois? J'avais grande envie de rire, mais j'étais cruellement humilié. »
Heureusement pour lui, ii y avait encore de vrai.^ sauvages. Il^sliaJbille à Findienne et se donne l'illusion délicieuse d'une vie primitive. Il prend part aux chasses du pays, &iipplique à pénétrer les croyances des Indiens, écoute leurs chansons, se fait traduire leurs contes. Il note avec soin que « la femelle du rat musqué est pour les Indiens la mère du genre humain », et autres imaginât ir.ns de même importance. IJ soiige déj à à une o é^jupcc de 1 homme prirnitif )), et il amasse cette énorme quantité de niatéxiaux dont il tir£i-a Àiala, JUiié^-ks-Nalckez, sans parler du Voyage en Amériijue, etc. LLétudie K-^ce]t^grande- nature neuve, qui attend encore son I poète, et le lac des Onondagas aux rives charmeresses, et le terrifiant A'iagara. Il scrute la foret, écoute la savane. Là résonnèrent les premières vibrations de cette âme qui fut, elle aussi.
Mise au centre de tout comme un écho sonore.
— Un soir, à la clarté d'une chandelle d'auberge, il lit sur un fragment de journal anglais, rencontré là par hasard, ces trois mots : Fuite du roi. C'était l'événement de Varennes. Son sang royaliste ne fait qu'un tour. Officier, il songe à son épée, à son serment. N'écoutant que l'honneur, il part le 10 dé-